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La grippe aviaire décime depuis août un élevage de visons de l’Utah que personne n’abat, un scénario que la France a écarté en interdisant ces élevages en 2021

Depuis août, la grippe aviaire H5N1 circule dans un élevage de visons de l'Utah, aux États-Unis, sans abattage des animaux ni dépistage des employés, et des virologues y voient un terrain propice à un virus mieux adapté à l'humain. En France, où ces élevages sont interdits depuis 2021, aucun cas humain n'a été détecté : la surveillance vise les volailles, la faune sauvage et ceux qui les côtoient.

Relu par Antoine BOUQUET
Un vison brun colle son museau contre le grillage de sa cage dans un élevage, une main gantée de cuir posée sur la cage, les rangées de cages floues à l'arrière-plan sous un hangar.
Un vison d'Amérique derrière le grillage de sa cage, dans un élevage de fourrure. Image d'illustration. Dans l'Utah, aux États-Unis, la grippe aviaire H5N1 circule depuis l'été dans une ferme de visons sans que les animaux aient été abattus ; en France, ces élevages sont interdits depuis 2021.
Sommaire

Le nom de l’élevage est désormais connu de tous les spécialistes de la grippe : C&T Fenn Farms, une ferme à fourrure installée à l’ouest de Provo, à une heure de route au sud de Salt Lake City. Des milliers de visons y sont élevés pour leur peau, et ils y meurent de la grippe aviaire depuis la mi-août. L’affaire a éclaté le 23 octobre avec une enquête du média américain ProPublica, qui cite des spécialistes redoutant une pandémie « plus meurtrière que le Covid-19 », puis a été reprise par le New York Times. [1][3] Pour un lecteur français, deux questions comptent : qu’est-ce qui rend ce foyer différent des autres, et qu’est-ce qui protège, ou non, la France ?

Grippe aviaire H5N1 chez les visons de l’Utah : ce qui s’est passé depuis août

Le département de l’Agriculture des États-Unis (USDA) a confirmé le virus H5N1 chez des visons d’élevage du comté de Salt Lake le 17 août, sur des prélèvements faits le 7 août. Son tableau de bord recense sept visons positifs dans l’Utah. [2] C’est le premier foyer de grippe aviaire documenté dans un élevage de visons américain. Le virus y circulait depuis au moins cinq semaines avant d’être repéré, et les premières analyses génétiques montrent la même souche que celle qui touche les vaches laitières américaines depuis 2024. [1][3] Selon des documents publics obtenus par l’Animal Welfare Institute, une association de protection animale, l’éleveur s’attendait à perdre 80 % de ses visons. [16]

En ce moment

Pour un poulailler, la règle américaine aurait été claire : un seul animal positif impose l’abattage de tout l’élevage, avec indemnisation. Pour les visons, il n’existe aucune règle fédérale. L’USDA a répondu à la vétérinaire de l’État qu’il n’avait ni compétence sur ces élevages, ni vaccin autorisé pour ces animaux. L’Utah s’est contenté d’une consigne orale interdisant de sortir de la ferme les animaux, le fumier et les carcasses. La vétérinaire de l’État n’a pas mis les pieds sur place. [1] Quant aux employés, les services de santé ont renoncé à les suivre activement, en vertu d’un accord de 2025 avec les services agricoles. L’un d’eux, rencontré par un journaliste, avait un œil rouge : il n’a pas été testé. [1]

Certaines reprises de l’affaire évoquent un mort lié à cet élevage. Aucune infection humaine n’y a été confirmée, faute de tests. Le décès survenu début novembre aux États-Unis concerne un habitant du comté de Yakima, dans l’État de Washington, où le virus est passé de vaches laitières malades à au moins trois personnes. Cette personne avait des problèmes de santé préexistants. C’est le premier décès lié à la grippe aviaire dans le pays cette année, le troisième depuis 2024. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, l’analyse du virus prélevé chez ce patient n’a montré aucun changement qui le rendrait plus transmissible. [3]

Pourquoi un élevage de visons inquiète plus qu’un poulailler

Le vison d’Amérique a une particularité qui explique l’alarme des spécialistes : ses voies respiratoires portent en abondance le même type de récepteurs que la gorge et le nez humains, la porte d’entrée habituelle des grippes saisonnières. [1] L’animal a déjà attrapé et transmis d’autres virus grippaux, et pendant la pandémie de Covid-19, des visons d’élevage ont contaminé des humains. L’élevage de l’Utah avait d’ailleurs été touché par le coronavirus en 2020. [1] Plus le virus passe d’un vison à l’autre dans des milliers de cages serrées, plus il a d’occasions de changer. « Tant que ça continue d’aller de vison en vison, il devient de plus en plus probable que ça saute à l’humain », résume Gail Hansen, ancienne vétérinaire de santé publique du Kansas, citée par ProPublica (notre traduction). [1]

Une main gantée referme le loquet de la porte grillagée d'un poulailler de jardin au crépuscule ; derrière le grillage, deux poules rousses éclairées par une ampoule, et dans le ciel bleu sombre un vol d'oies sauvages en V.

La saison grippale complique encore le tableau. Si une même personne est infectée à la fois par la grippe saisonnière et par le virus aviaire, les deux virus peuvent échanger des morceaux de leur génome et produire un virus nouveau. [1][3] Or la saison de grippe a démarré très tôt cette année, dès septembre, l’un des débuts les plus précoces jamais observés selon ProPublica. [1] Les spécialistes restent prudents sur l’ampleur du risque : les dix premières séquences du virus de l’Utah n’ont pas montré de changement important par rapport à celui des vaches du Texas, mais elles datent du début août. [3] De nouveaux prélèvements ont été faits en octobre, et début novembre, le laboratoire national de l’USDA disait n’avoir encore reçu aucun nouvel échantillon de l’État. [1][3]

L’Europe a déjà connu ce scénario, et l’a traité autrement. En octobre 2022, en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, le H5N1 a touché un élevage de plus de 50 000 visons ; les analyses suggéraient que le virus s’était aussi transmis de vison à vison, et tous les animaux ont été abattus. [3][4] En 2023, la Finlande a trouvé la grippe aviaire dans 71 élevages à fourrure. Les autorités ont ordonné l’abattage de 407 211 animaux, visons, renards et chiens viverrins, au nom de la protection de la santé humaine. [5][6]

En France, plus aucun élevage de visons depuis 2021

Le scénario de l’Utah ne peut pas se reproduire à l’identique en France. La loi du 30 novembre 2021 contre la maltraitance animale a inscrit dans le Code rural une interdiction nette : les élevages de visons d’Amérique et d’autres animaux sauvages élevés pour leur fourrure sont interdits, tout comme leur création, leur agrandissement ou leur cession. [7] Le texte est entré en vigueur le 2 décembre 2021. À cette date, il ne restait qu’un seul élevage en activité sur les quatre derniers du pays, dans l’Orne, et il devait fermer avant la fin de l’année. [8]

Le virus, lui, n’a pas besoin de visons pour circuler. Santé publique France rappelle que le H5N1 provoque des mortalités massives chez les oiseaux sauvages et touche les volailles, mais aussi plus de 70 espèces de mammifères sauvages et domestiques dans le monde, dont des chats. [9] En France, fin novembre 2025, quatre renards et une loutre avaient été trouvés infectés. [10] La lecture du chiffre de mortalité, souvent mis en avant, mérite aussi un détour.

Le « 48 % de morts » de la grippe aviaire : un chiffre surtout hérité des années 2000

Le tableau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêté au 6 septembre 2026 compte 1 003 cas humains de H5N1 et 479 décès depuis 2003, soit 48 % de cas mortels. [11] Ce chiffre est exact, mais il additionne deux époques très différentes. Selon notre calcul, 85 % de ces décès sont survenus avant 2015, surtout en Indonésie, au Viêt Nam, en Égypte et en Chine. Entre 2020 et 2024, la part des cas mortels tombe à 10 %. Le dépistage y est pour beaucoup : les personnes exposées sont désormais testées, des formes légères sont repérées, et le décompte de l’OMS inclut même des personnes sans symptôme. [11]

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Infographie aux couleurs de Centre CLÉA sur la grippe aviaire H5N1 chez l'humain. Part des cas humains déclarés à l'OMS qui ont été mortels, par période : 60 % de 2003 à 2009 (282 décès sur 468 cas), 54 % de 2010 à 2014 (125 sur 233), 30 % de 2015 à 2019 (48 sur 160), 10 % de 2020 à 2024 (10 sur 102) et 35 % en 2025 et 2026 jusqu'au 6 septembre (14 sur 40, dont 23 cas et 10 décès au Cambodge). Au total, 1 003 cas et 479 décès, soit 48 %, mais 85 % de ces décès sont survenus avant 2015. États-Unis : 71 cas humains de H5N1 déclarés à l'OMS depuis 2024, dont un mortel au 6 septembre 2026 ; début novembre, un décès dans l'État de Washington, le troisième lié à la grippe aviaire depuis 2024 selon le New York Times. En France : aucun cas humain de grippe aviaire détecté à ce jour ; pendant la saison 2025-2026, au 31 mai 2026, 514 personnes exposées ont été recensées et 253 dépistées, soit 49 %, toutes négatives ; les élevages de visons sont interdits depuis 2021.
La part des cas humains de grippe aviaire H5N1 qui ont été mortels est passée de 60 % dans les années 2003-2009 à 10 % entre 2020 et 2024 ; en France, aucun cas humain n’a été détecté. Infographie : Centre CLÉA.

Le chiffre remonte à 35 % pour 2025 et 2026, mais cette hausse vient surtout du Cambodge, qui concentre 10 des 14 décès de la période avec une autre lignée du virus. [9][11] Aux États-Unis, où circule la souche des vaches laitières, l’OMS comptait 71 cas et un seul décès au 6 septembre, avant celui de l’État de Washington. [11] Ces proportions portent sur les cas déclarés, pas sur toutes les infections : elles ne prédisent pas la gravité d’un virus qui deviendrait transmissible entre humains, et c’est précisément ce que la surveillance cherche à repérer tôt.

Ce que surveillent Santé publique France et l’Anses

À ce jour, aucun cas de grippe humaine due à un virus aviaire n’a été détecté en France, et aucune transmission d’une personne à l’autre n’a été documentée dans le monde à partir des cas récents. [9] L’analyse conjointe de Santé publique France, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et de l’Institut Pasteur estime le risque « faible » pour la population générale et « faible à modéré » pour les personnes les plus exposées, en particulier celles qui travaillent dans les élevages de volailles. [10]

Depuis la saison 2025-2026, la France applique sur tout son territoire un protocole de surveillance active, baptisé SAGA. Autour de chaque foyer confirmé en élevage, l’Agence régionale de santé recense les personnes exposées et leur propose un test 48 heures après leur dernier contact, même sans symptôme. [12] Toute infection d’un mammifère par ce virus, porc, chat, bovin, chien ou mammifère marin, déclenche systématiquement une investigation. [13] Au 31 mai 2026, 157 foyers en élevage avaient été recensés, dont 69 % investigués : 514 personnes exposées ont été identifiées, 253 dépistées, soit moins d’une sur deux, et tous les tests étaient négatifs. [12] Côté animal, l’Anses héberge le laboratoire national de référence de l’influenza aviaire, qui confirme les cas chez les oiseaux comme chez les mammifères. [14]

La nouvelle saison a commencé : le 5 novembre, la France métropolitaine est repassée au niveau de risque « modéré » pour les volailles, avec de nouvelles obligations pour certaines basses-cours. Pour un particulier, le premier réflexe reste simple : ne pas toucher ni ramasser un oiseau ou un mammifère sauvage malade ou mort. [9][10] La viande de volaille, le foie gras et les œufs ne présentent aucun risque pour le consommateur, rappelle Santé publique France. [9]

Grippe aviaire : les signes à connaître après un contact avec un animal

Les personnes réellement exposées sont celles qui ont manipulé des animaux infectés ou suspects, ou travaillé dans un environnement contaminé : éleveurs de volailles, vétérinaires, équipes d’abattage ou de nettoyage, chasseurs et agents qui ramassent la faune sauvage. Elles doivent surveiller leur santé pendant 10 jours après la dernière exposition, même si elles portaient masque, lunettes et gants. [9] Les signes listés par Santé publique France sont ceux d’une grippe, auxquels s’ajoutent quelques indices plus particuliers :

  • fièvre, fatigue, courbatures, maux de tête ;
  • nez qui coule, toux, difficultés à respirer ;
  • yeux rouges ou conjonctivite ;
  • désorientation ou vertiges. [9]
Dans un vestiaire d'élevage, un homme tient des lunettes de protection et un masque FFP2 retirés et tire sa paupière inférieure devant un miroir, laissant voir un œil rouge et irrité.
Un œil rouge après une journée passée au contact d’animaux : chez les cas américains de grippe aviaire, la conjonctivite a été le signe le plus fréquent, et souvent le seul. Image d’illustration.

L’œil rouge mérite une attention particulière. Dans une étude publiée dans le New England Journal of Medicine sur les premiers cas américains liés aux vaches et aux volailles, la conjonctivite était présente dans plus de neuf cas sur dix, souvent comme seul symptôme. [1][15] En cas de symptôme, même léger, la consigne est de consulter rapidement un médecin en lui signalant le contact avec des animaux, pour qu’il prescrive un test PCR de grippe. En attendant le résultat, il faut limiter ses contacts, porter un masque et appliquer les gestes barrières. [9][10]

Gros plan sur la main gantée d'une soignante qui injecte un vaccin dans le haut du bras d'un homme d'environ 70 ans, chemise ouverte sur une longue cicatrice verticale au milieu de la poitrine.

Les professionnels exposés ont aussi intérêt à se faire vacciner contre la grippe saisonnière, une vaccination recommandée et prise en charge par l’Assurance maladie. Le vaccin ne protège pas contre le virus aviaire, mais il réduit le risque d’une double infection, celle qui pourrait permettre aux deux virus de se combiner. [10] Depuis la saison 2025-2026, l’invitation s’étend aux vétérinaires, aux agents des services vétérinaires qui se rendent dans les exploitations et aux personnes du réseau de surveillance de la faune sauvage SAGIR. [10]

Sources et références

[1] ProPublica — Bird Flu Is Raging on a Mink Farm. It Could Spark a Human Pandemic, Experts Say, but Officials Won't Act, 23 octobre 2026
https://www.propublica.org/article/bird-flu-mink-farm-utah-human-risk

[2] USDA APHIS — Detections of Highly Pathogenic Avian Influenza in Mammals, page mise à jour le 30 octobre 2026
https://www.aphis.usda.gov/livestock-poultry-disease/avian/avian-influenza/hpai-detections/mammals

[3] The Salt Lake Tribune / The New York Times — Bird flu death in Washington state renews concern as virus spreads unchecked at Utah mink farm, 6 novembre 2026
https://www.sltrib.com/news/2026/11/06/bird-flu-death-washington-state/

[4] Eurosurveillance — Highly pathogenic avian influenza A(H5N1) virus infection in farmed minks, Spain, October 2022, Agüero M. et al., 2023
https://www.eurosurveillance.org/content/10.2807/1560-7917.ES.2023.28.3.2300001

[5] Autorité finlandaise de l'alimentation (Ruokavirasto) — Depopulation report 2023 Finland (abattages pour raison de santé publique, influenza aviaire H5N1)
https://www.ruokavirasto.fi/globalassets/elaimet/elainten-hyvinvointi/teurastus-ja-lopetus/raportoidut-tiedot_2023.pdf

[6] Ruokavirasto — Eläintaudit Suomessa 2023 (Maladies animales en Finlande en 2023), septembre 2024
https://helda.helsinki.fi/server/api/core/bitstreams/234c1fc2-9b08-4800-8218-f2ca80e546ab/content

[7] Légifrance — Code rural et de la pêche maritime, article L214-9-1, créé par la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, article 50
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006071367/LEGISCTA000022200066?idSecParent=LEGISCTA000006152208

[8] actu.fr — Près de Bagnoles de l'Orne, le dernier élevage de visons en France sur le point de fermer, 16 décembre 2021
https://actu.fr/normandie/rives-d-andaine_61096/pres-de-bagnoles-de-l-orne-normandie-le-dernier-elevage-de-visons-en-france-sur-le-point-de-fermer_47058702.html

[9] Santé publique France — Grippe aviaire : données, et La maladie, pages mises à jour le 26 mars 2026
https://www.santepubliquefrance.fr/grippe-aviaire/donnees

[10] Ministère de l'Agriculture, ministère de la Santé, Santé publique France et Anses — Face aux virus influenza aviaires hautement pathogènes (IAHP), les autorités sanitaires se mobilisent et rappellent les mesures de prévention, novembre 2025
https://agriculture.gouv.fr/face-aux-virus-influenza-aviaires-hautement-pathogenes-iahp-les-autorites-sanitaires-se-mobilisent

[11] Organisation mondiale de la santé — Cumulative number of confirmed human cases for avian influenza A(H5N1) reported to WHO, 2003-2026, 6 septembre 2026, calculs de la rédaction
https://www.who.int/publications/m/item/cumulative-number-of-confirmed-human-cases-for-avian-influenza-a(h5n1)-reported-to-who--2003-2026--6-september-2026

[12] Santé publique France — Bilan de la surveillance de la grippe zoonotique au 31 mai 2026, édition Hauts-de-France (situation nationale SAGA), 8 juillet 2026
https://invs.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-07/bullreg_grippe_zoonotique_hdf_20260708.pdf

[13] Santé publique France — Surveillance active des personnes exposées à un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène (SAGA) : bilan 2023-2025 et perspectives 2025-2026, Le point sur, 27 novembre 2025
https://invs.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/rdd/document/LePointSur_saga_20251127.pdf

[14] Ministère de l'Agriculture — Instruction technique DGAL 2026-544, réseau de laboratoires agréés pour la détection du virus de l'influenza aviaire (LNR influenza aviaire, Anses Ploufragan)
https://info.agriculture.gouv.fr/boagri/instruction-2026-544/telechargement

[15] The New England Journal of Medicine — Highly Pathogenic Avian Influenza A(H5N1) Virus Infections in Humans, Garg S. et al.
https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMoa2414610

[16] Brooks Institute — Animal Law Digest n° 368 : Advocacy Groups Respond to Utah Department of Agriculture and Food's Management of Bird Flu at a Mink Farm, 1er octobre 2026
https://thebrooksinstitute.org/animal-law-digest/us/issue-368/advocacy-groups-respond-utah-department-agriculture-foods-management-bird-flu-mink-farm

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