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Les pots du test viennent des rayons des supermarchés et des magasins bio : 25 pâtes sucrées, à la noisette, à l’amande, à la pistache ou à la cacahuète, et 5 purées d’oléagineux sans rien d’autre que le fruit [1]. En laboratoire, elle a mesuré les sucres, les graisses et les fibres, recherché cinq éléments métalliques, dont le cadmium, et des résidus d’huiles minérales, puis fait goûter les produits sans révéler les marques [2]. Les notes et le classement sont réservés aux abonnés, et les reprises ont surtout retenu la dernière place d’une marque historique. Les fiches publiques de chaque produit, elles, donnent la liste des ingrédients et la part de fruits à coque : de quoi lire ces pots comme on lit une étiquette au rayon, avec une question simple pour les parents. Que pèse une tartine du goûter face au sucre qu’un enfant devrait s’accorder sur une journée ?
Pâtes à tartiner du test Que Choisir : le sucre arrive en tête une fois sur deux
Sur une étiquette, les ingrédients sont classés du plus abondant au moins abondant. Dans le test, 15 références sur 30 commencent par le sucre, blanc ou de canne, selon notre décompte des fiches de Que Choisir [1]. Dans ces pots-là, les fruits à coque pèsent de 2 % (Pouce, la marque d’Auchan) à 20 % (Bonne Maman, Le Jardin de Corentin) ; le Nutella en contient 13 % et la pâte Milka 5 % [1][4].
En ce moment
L’huile de palme, qui a longtemps concentré les critiques, ne se trouve plus que dans 4 pâtes sur 30 : le Nutella, la Nustikao de Leclerc, la Kaonuts de Carrefour et la Pouce d’Auchan [1]. Les autres l’ont remplacée par du tournesol, du colza, de la noix de coco ou du beurre de karité, sans toucher au premier ingrédient. Que Choisir le résume d’une phrase : il a trouvé « des produits sans huile de palme mais encore moins recommandables que le Nutella » [3]. Le sucre change aussi de nom sans changer de nature :
- « sucre de canne » dans les pâtes bio de Lidl, d’Intermarché et du Jardin de Corentin ;
- « sucre de coco » chez Damiano, « sucre de betterave » chez Funkie ;
- « jus de canne à sucre brute séché » dans la purée sucrée de noisette de Jardin Bio étic ;
- sucre roux, sirop de riz et sirop de maïs dans la pâte à l’amande de Perl’amande [1].
Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), tous comptent de la même façon dans les sucres libres : ceux qu’ajoute le fabricant ou le cuisinier, plus ceux du miel, des sirops et des jus de fruits. Seuls les sucres présents naturellement dans le lait, les fruits et les légumes frais restent en dehors [6]. Au total, 25 des 30 pots du test contiennent au moins une de ces formes de sucre ajouté [1].

Une tartine de 15 g face au plafond de sucres libres d’un enfant
L’OMS recommande aux adultes comme aux enfants de tirer moins de 10 % de leurs calories des sucres libres, une recommandation qu’elle classe « forte » pour limiter le surpoids et les caries. Descendre sous 5 % apporterait un bénéfice supplémentaire, une recommandation seulement « conditionnelle » faute d’études assez nombreuses [5][6]. Chez l’adulte, les 10 % font environ 50 g par jour. Un enfant mange moins, et son plafond baisse d’autant.
L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) retient, pour un enfant de 4 à 6 ans moyennement actif, des besoins de 1 417 kcal par jour pour une fille et 1 521 kcal pour un garçon, d’après les références européennes [7]. Un gramme de sucre apportant 4 kcal, le plafond de l’OMS tombe à 35 à 38 g de sucres libres par jour entre 4 et 6 ans, et à 43 à 46 g entre 7 et 10 ans, selon notre calcul.
Reste à savoir ce qu’est une tartine. Ferrero l’indique sur son pot : 15 g de Nutella, « environ une cuillère à café », qui apportent 8,4 g de sucres [4]. L’OMS compte qu’une cuillère à café de sucre en pèse environ 4 g : la tartine en contient donc à peu près deux [6]. Pour une fille de 4 à 6 ans, c’est 24 % de son plafond quotidien, 22 % pour un garçon. Trois tartines sur la journée, deux le matin et une au goûter, en couvrent déjà les deux tiers, avant le jus de fruits, le yaourt aromatisé ou les biscuits.

Nous avons retrouvé l’étiquette de 25 des 30 produits, celle du site de Ferrero pour le Nutella et celles relevées sur Open Food Facts pour les autres, en ne gardant que les fiches dont la recette correspond à celle relevée par Que Choisir [4][8]. Les 13 pâtes au sucre en tête dont nous avons la fiche affichent de 49 à 59 g de sucres pour 100 g, soit 7,4 à 8,9 g par tartine de 15 g : de 19 à 25 % du plafond d’un enfant de 4 à 6 ans. Avec le seuil plus strict de 5 %, une seule tartine en prend de 39 à 50 %.
Ces chiffres sont un maximum. L’étiquette ne distingue pas le sucre ajouté du lactose apporté par le lait écrémé ou le lactosérum en poudre, que l’OMS ne compte pas [6]. Dans les recettes riches en lactosérum, comme Milka, Pouce, Nustikao ou la pâte à la pistache de la marque U, une petite part des sucres affichés vient du lait.
Changer de marque de pâte noisette-cacao ne retire presque rien à la tartine
Entre la plus sucrée et la moins sucrée de ces 13 pâtes, l’écart tient en 1,5 g de sucres par tartine. Passer du Nutella à une Nocciolata ou à une Bonne Maman, toutes deux sans huile de palme, en retire moins de 1 g [4][8]. Le bio ne fait pas mieux : la pâte bio de Lidl affiche la même valeur que le Nutella, celle d’Intermarché 0,6 g de moins. Le changement de marque déplace l’huile, l’origine des noisettes ou le prix, pas le premier ingrédient.
La différence se joue sur ce premier ingrédient :
| Ce qui arrive en tête | Exemples du test | Sucres par tartine de 15 g |
|---|---|---|
| Sucre | Nutella, Milka, Bonne Maman, Nocciolata | 7,4 à 8,9 g |
| Noisettes ou amandes (40 %) | Lucien Georgelin, Perl’amande | 6,1 à 7,2 g |
| Haricots rouges | Funkie | 4,5 g |
| Noisettes (80 %) avec jus de canne | Jardin Bio étic | 3,6 g |
| Cacahuètes avec un peu de sucre | Andros, Ivoria, Skippy, Menguy’s | 1,3 à 2,3 g |
| Fruit à coque seul (purée 100 %) | Ethiquable, Jean Hervé, L’Amandaie, U Bio | 0,6 à 0,9 g, sans sucre libre |
Même la pâte de Lucien Georgelin, qui met 40 % de noisettes françaises en tête, garde 7,2 g de sucres par tartine : le sucre reste le deuxième ingrédient [1][8]. L’écart ne se creuse vraiment qu’avec les purées. Ethiquable, Jean Hervé, L’Amandaie ou la purée d’amandes U Bio n’apportent que les sucres naturels du fruit à coque, moins de 1 g par tartine, qui ne comptent pas comme sucres libres [6][8].
Ces purées ne sont pas plus légères pour autant. Elles affichent de 622 à 702 kcal pour 100 g, contre 539 kcal pour le Nutella, soit 93 à 105 kcal par tartine de 15 g au lieu de 80 [4][8]. Que Choisir relève d’ailleurs des pâtes à tartiner « Nutri-Score A mais presque aussi caloriques que du beurre » [3]. Leurs graisses viennent du fruit lui-même et le sucre disparaît, mais la portion compte autant qu’avec une pâte chocolatée.

Cadmium et huiles minérales : ce que l’étiquette ne montre pas
Le test ne s’arrête pas au sucre. Que Choisir a recherché l’arsenic, le cadmium, le nickel, le plomb et le mercure, ainsi que deux familles d’huiles minérales, les MOSH et les MOAH [2]. Le cadmium est considéré comme cancérogène pour l’homme, et l’association rappelle que l’Anses a signalé en 2026 une hausse de la part de la population qui en absorbe plus que la dose journalière tolérable [2]. Les MOAH, que l’Autorité européenne de sécurité des aliments soupçonne d’être cancérogènes, doivent être limités autant que possible selon l’Anses [2].
Contrairement au sucre, ces contaminants n’apparaissent sur aucun emballage. Le comparatif prévient que « quelques pièges persistent, en particulier la présence de contaminants toxiques comme le cadmium », mais le détail par produit fait partie des résultats réservés aux abonnés [1].

Pour le sucre, l’étiquette suffit. Trois lignes donnent l’essentiel : le premier ingrédient, le pourcentage de fruits à coque et la ligne « dont sucres » pour 100 g, qu’il suffit de multiplier par 0,15 pour une tartine de 15 g. À 55 g pour 100 g, la tartine apporte un peu plus de 8 g de sucres ; à 5 g, moins de 1 g.
Sources et références
[1] Que Choisir — Elsa Abdoun et Domitille Vey, Comparatif Pâtes à tartiner (25 pâtes à tartiner sucrées et 5 purées d'oléagineux), fiches produits, 23 octobre 2026
https://www.quechoisir.org/comparatif-pates-a-tartiner-n73915/
[2] Que Choisir — Pâtes à tartiner, le protocole, 23 octobre 2026
https://www.quechoisir.org/comment-nous-testons-pates-a-tartiner-le-protocole-n73939/
[3] Que Choisir — Elsa Abdoun, Pâtes à tartiner : les pires et les meilleurs produits (vidéo), 26 octobre 2026
https://www.quechoisir.org/actualite-pates-a-tartiner-les-pires-et-les-meilleurs-produits-video-n179082/
[4] Ferrero — Pot de Nutella, ingrédients et informations nutritionnelles pour 100 g et par portion de 15 g
https://www.nutella.com/fr/fr/produits/nutella
[5] Organisation mondiale de la santé (OMS) — Guideline: sugars intake for adults and children, 4 mars 2015
https://www.who.int/publications/i/item/9789241549028
[6] Organisation mondiale de la santé (OMS) — WHO calls on countries to reduce sugars intake among adults and children, communiqué du 4 mars 2015
https://www.who.int/news/item/04-03-2015-who-calls-on-countries-to-reduce-sugars-intake-among-adults-and-children
[7] Anses — Avis relatif à l'actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 4 à 17 ans, saisine 2017-SA-0142, avis initial du 8 février 2019 révisé en mai 2019
https://www.anses.fr/fr/system/files?file=NUT2017SA0142.pdf
[8] Open Food Facts — fiches des produits (valeurs nutritionnelles des étiquettes), consultées le 4 novembre 2026
https://fr.openfoodfacts.org/







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