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Près d’un bébé sur quatre amené aux urgences d’Île-de-France pour une toux sifflante finit hospitalisé à cause de cette maladie de l’hiver : la bronchiolite

La bronchiolite gagne l'Île-de-France, placée en pré-épidémie par Santé publique France le 28 octobre, et l'ARS de Martinique a déclaré l'épidémie. Due surtout au virus respiratoire syncytial (VRS), elle touche d'abord les bébés de moins d'un an : près d'un sur quatre vu aux urgences franciliennes est hospitalisé. Les signes qui imposent le 15, et les protections Beyfortus, Enflonsia ou Abrysvo encore possibles jusqu'au 28 février 2027.

Relu par Antoine BOUQUET
La nuit, dans une chambre, une mère inquiète tient contre elle son bébé enrhumé et pose la main sur sa poitrine pour sentir sa respiration.
La nuit, une mère pose la main sur la poitrine de son bébé enrhumé pour sentir sa respiration : pauses respiratoires, malaise ou bouche bleue imposent d'appeler le 15, alors que l'Île-de-France est passée en pré-épidémie de bronchiolite le 28 octobre 2026. Image d'illustration.

Dans son bulletin du 28 octobre 2026, Santé publique France a placé l’Île-de-France en phase pré-épidémique de bronchiolite, la première région de l’Hexagone à franchir ce seuil cette saison [1]. Outre-mer, l’agence régionale de santé de Martinique a ensuite déclaré l’épidémie sur l’île [3]. Partout ailleurs en métropole, les indicateurs restent à leur niveau de base. Pour les parents d’un bébé qui commence à tousser, la question n’est donc pas encore celle d’un hiver saturé, mais celle des signes qui doivent faire réagir, et des protections contre le virus respiratoire syncytial (VRS) qui restent possibles avant le pic.

La bronchiolite remplit d’abord les urgences des bébés de moins d’un an en Île-de-France

Du 19 au 25 octobre, les urgences franciliennes ont enregistré 346 passages pour bronchiolite chez les moins de 2 ans, en hausse de 24,5 % en une semaine [2]. Le détail par âge montre où se concentre la maladie : 329 de ces passages concernent des bébés de moins d’un an, soit 95 % du total selon notre calcul, et 77 des 80 hospitalisations qui ont suivi. Chez ces nourrissons, la bronchiolite représente désormais 9,5 % des passages aux urgences dont le diagnostic est codé, 1,8 point de plus que la semaine précédente.

Rapporté aux passages, le chiffre le plus parlant pour un parent est celui-ci : 77 hospitalisations pour 329 bébés de moins d’un an vus aux urgences, soit environ un sur quatre (23 %). La semaine précédente, en reconstituant les effectifs à partir des hausses publiées, ils étaient environ 267 passages et 71 hospitalisations. La pré-épidémie signale le début de la vague, pas son sommet : au niveau national, le recours aux urgences pour bronchiolite reste inférieur à celui de l’an dernier à la même période, et les tests de dépistage du VRS sont stables en ville comme à l’hôpital [1].

En ce moment

Un autre détail du bulletin compte pour les familles : d’autres virus que le VRS circulent déjà, en particulier des rhinovirus et des entérovirus, capables eux aussi de provoquer des bronchiolites [1]. Les protections décrites plus bas visent le VRS seul. Un bébé immunisé peut donc encore faire une bronchiolite, et les signes d’alerte restent valables pour lui.

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Infographie : passages aux urgences et hospitalisations pour bronchiolite des moins d'un an en Île-de-France et en Martinique fin octobre 2026, protections disponibles selon la situation et signes qui imposent d'appeler le 15.
En Île-de-France, 329 bébés de moins d’un an sont passés aux urgences pour bronchiolite du 19 au 25 octobre 2026, et 77 ont été hospitalisés ; en Martinique, ces passages ont bondi de 80 %. Infographie : Centre CLÉA.

En Martinique, l’épidémie est déclarée et frappe plus durement

La Martinique était entrée en pré-épidémie dès la semaine précédente [1]. Entre le 19 et le 25 octobre, 27 enfants de moins d’un an y ont été admis aux urgences pour bronchiolite, contre 15 en moyenne au cours des quatre semaines précédentes, soit 80 % de plus, et 12 ont dû être hospitalisés [3]. Sur l’île, 62 % des prélèvements réalisés chez les nourrissons sont revenus positifs au VRS.

Les effectifs sont plus faibles qu’en Île-de-France, mais la part des bébés hospitalisés après un passage y atteint 44 % selon notre calcul, contre 23 % en région parisienne. Ces deux taux ne mesurent pas exactement la même chose, puisque les pratiques d’orientation varient d’un territoire à l’autre, mais ils rappellent que la gravité se joue d’abord chez les plus petits. La campagne de protection y a démarré plus tôt qu’en métropole, le 31 août, et court jusqu’au 28 février 2027 [5].

Un flacon de vaccin en verre posé entre une feuille d’automne orangée et une surface couverte de givre.

Les signes qui imposent d’appeler le 15

La bronchiolite commence presque toujours comme un rhume : nez bouché ou qui coule, toux sèche, parfois un peu de fièvre. Dans les deux à trois jours, la toux devient plus fréquente, la respiration s’accélère et siffle à l’expiration, l’enfant fatigue, mange et dort mal [6]. Elle guérit le plus souvent seule en 5 à 10 jours, même si la toux peut durer deux à quatre semaines, mais les 48 à 72 premières heures demandent une surveillance rapprochée, surtout avant 2 mois [6].

Les agences régionales de santé recommandent de consulter un médecin rapidement lorsque l’enfant malade se trouve dans l’une de ces situations [6] [7] :

  • il a moins de six semaines, ou il est né prématuré et a moins de trois mois ;
  • il a déjà une maladie respiratoire ou cardiaque connue ;
  • il boit moins de la moitié de ses biberons sur trois repas de suite, ou il vomit systématiquement ;
  • il dort en permanence ou, au contraire, pleure de façon inhabituelle et n’arrive pas à s’endormir ;
  • sa fièvre est très élevée ou mal tolérée, ou il respire beaucoup plus vite que d’habitude.
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Certains signes ne relèvent plus du rendez-vous mais de l’urgence. Il faut appeler le 15 (ou le 112 depuis un portable) si le bébé fait des pauses respiratoires, si sa respiration devient lente alors qu’il reste très gêné pour respirer, s’il fait un malaise, s’il ne réagit plus, geint ou dort tout le temps, si sa bouche devient bleue ou s’il refuse le biberon ou le sein [6].

À la maison, les soins restent simples : dégager le nez au sérum physiologique, surtout avant les repas, donner des biberons plus petits mais plus fréquents, coucher le bébé sur le dos, à plat, dans une chambre aérée autour de 19 °C, et loin de toute fumée de tabac [6].

Beyfortus, Enflonsia ou Abrysvo : une protection encore possible jusqu’au 28 février 2027

La campagne contre le VRS a débuté le 14 septembre en métropole et se poursuit jusqu’au 28 février 2027, soit encore 120 jours [4] [5]. Elle est conçue pour démarrer quelques semaines avant l’épidémie [5] : la pré-épidémie actuelle est précisément le moment où un rattrapage garde tout son intérêt. Les parents choisissent entre deux stratégies, selon leur situation :

  • Pendant la grossesse, entre 32 et 36 semaines d’aménorrhée, le vaccin Abrysvo fait fabriquer à la mère des anticorps qui passent au bébé par le placenta. Il se fait en pharmacie ou en établissement de santé et il est pris en charge à 100 % pendant la campagne [4].
  • Pour un bébé né depuis le 14 septembre 2026, une injection d’anticorps, Beyfortus (nirsévimab) ou Enflonsia (clesrovimab), nouveau cette saison, est proposée à la maternité quelques jours après la naissance ; elle peut aussi être faite en ville [4].
  • Pour un bébé né entre le 21 février et le 13 septembre 2026, soit jusqu’à 8 mois aujourd’hui, un rattrapage est possible en ville : prescription par un médecin ou une sage-femme, injection par un médecin, une sage-femme, un infirmier ou en PMI [4].
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Dans une chambre de maternité, des mains gantées injectent un anticorps dans la cuisse d'un nouveau-né pendant que la main de sa mère lui tient le pied.
L’injection d’anticorps contre le VRS se fait dans la cuisse, à la maternité pour les bébés nés depuis le 14 septembre 2026, ou en ville en rattrapage pour ceux nés depuis le 21 février. Image d’illustration.

Le remboursement a changé cette année : les anticorps sont pris en charge à 100 % à l’hôpital et à 65 % en ville depuis le 31 août, contre 30 % les saisons précédentes, le reste dépendant de la mutuelle [4]. Deux situations orientent vers l’anticorps même si la mère a été vaccinée : une naissance survenue moins de 14 jours après le vaccin, et une nouvelle grossesse chez une femme déjà vaccinée lors d’une grossesse précédente [5]. Quant à l’efficacité, la synthèse d’études américaines reprise par Santé publique France Île-de-France estime que le nirsévimab évite entre 64 % et 93 % des hospitalisations pour VRS chez le nouveau-né, selon les études [2].

Le VRS ne menace pas que les nourrissons : il pèse aussi sur les plus âgés, pour qui un vaccin figure désormais au calendrier des vaccins recommandés après 65 ans, à côté de celui de la grippe, dont la campagne a commencé le 13 octobre.

Une femme d'environ 70 ans, manche relevée, assise et détendue dans une pharmacie lumineuse, pendant qu'une pharmacienne prépare une injection.

Autour du bébé, les gestes barrières complètent ces protections : se laver les mains avant et après chaque change, tétée, repas ou câlin, porter un masque en cas de rhume, aérer au moins dix minutes par jour la pièce où il dort, ne pas partager biberons et tétines non lavés, et éviter avant 3 mois les lieux clos très fréquentés, comme les supermarchés et les transports en commun [4] [5].

Sources et références

[1] Santé publique France — Infections respiratoires aiguës (grippe, bronchiolite, covid-19). Bulletin du 28 octobre 2026 (semaine 43)
https://www.santepubliquefrance.fr/infections-respiratoires-aigues/grippe/bulletin-national/infections-respiratoires-aigues-grippe-bronchiolite-covid-19-bulletin-du-28-octobre-2026
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-10/bullnat_ira_20261028.pdf

[2] Santé publique France Île-de-France — Point épidémiologique hebdomadaire, semaine 43 (19 au 25 octobre 2026), 28 octobre 2026
https://www.santepubliquefrance.fr/sites/default/files/2026-10/bullreg_idf_20261028_vf.pdf

[3] Martinique La 1ère — Bronchiolite : l'épidémie est déclarée en Martinique, l'ARS appelle à la vigilance pour protéger les nourrissons, octobre 2026
https://la1ere.franceinfo.fr/martinique/bronchiolite-l-epidemie-est-declaree-en-martinique-l-ars-appelle-a-la-vigilance-pour-proteger-les-nourrissons-1753245.html

[4] ARS Île-de-France — Bronchiolite des nourrissons : la campagne de prévention 2026-2027
https://www.iledefrance.ars.sante.fr/bronchiolite-des-nourrissons-la-campagne-de-prevention-2026-2027

[5] Vidal — Bronchiolite du nourrisson : la DGS détaille les modalités de la campagne de prévention 2026-2027, 2 septembre 2026
https://www.vidal.fr/actualites/38204-bronchiolite-du-nourrisson-la-dgs-detaille-les-modalites-de-la-campagne-de-prevention-2026-2027.html

[6] ARS Auvergne-Rhône-Alpes — Bronchiolite : comment protéger son enfant ?, consulté le 31 octobre 2026
https://www.auvergne-rhone-alpes.ars.sante.fr/bronchiolite-comment-proteger-son-enfant

[7] ARS Île-de-France — Bronchiolite : conseils et traitements préventifs pour éviter les formes graves chez les tout-petits, consulté le 31 octobre 2026
https://www.iledefrance.ars.sante.fr/bronchiolite-conseils-et-traitements-preventifs-pour-eviter-les-formes-graves-chez-les-tout-petits

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