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Vitamine C chaque jour : pourquoi un rhume un peu plus court ne signifie pas que vous en attraperez moins souvent

Prendre de la vitamine C chaque jour avant les rhumes ne réduit pas leur incidence en population générale, selon une revue Cochrane de 2013. Un effet modeste sur la durée et la sévérité sous prise régulière ne doit pas être confondu avec une protection contre l’infection.

Relu par Antoine BOUQUET
Un verre d’eau et un comprimé sur une soucoupe, avec une boîte de mouchoirs en arrière-plan.

Au premier matin frais, le comprimé effervescent retrouve parfois sa place à côté du petit déjeuner. L’idée paraît simple : prendre de la vitamine C chaque jour, avant que le nez ne coule, pour passer l’automne sans rhume. Mais que peut-on réellement attendre de cette habitude ? Pour répondre, il faut séparer le rôle d’un nutriment dans l’organisme et le nombre de personnes qui tombent malades.

Prendre de la vitamine C avant le rhume : quel résultat ?

La réponse centrale vient d’une revue Cochrane publiée en 2013, qui a comparé une prise régulière de vitamine C à un placebo, c’est-à-dire un produit sans vitamine C. En population générale, la supplémentation régulière n’a pas réduit le risque d’avoir un rhume pendant la période étudiée. Les auteurs n’en tirent donc pas de justification pour une supplémentation systématique destinée à prévenir les rhumes. [1]

Ce résultat porte sur une habitude installée avant la maladie, pas uniquement sur le comprimé avalé au premier éternuement. Il répond à la question « vais-je éviter de m’enrhumer ? ». Il ne signifie pas que la vitamine C serait inutile à l’organisme, ni que tous les effets étudiés seraient identiques.

Il existe une exception dans cette revue : des participants exposés à de brèves périodes d’effort physique extrême, notamment des marathoniens, des skieurs et des soldats en exercice subarctique, avaient un risque de rhume réduit sous prise régulière. Ce contexte très particulier ne permet pas de promettre la même protection à une personne qui va travailler, fait ses courses ou pratique une activité physique habituelle. [1]

Moins de rhumes et des rhumes plus courts, ce n’est pas pareil

Imaginez deux questions posées séparément : combien de personnes ont eu au moins un rhume, et combien de temps leurs symptômes ont-ils duré ? Une intervention peut modifier la seconde réponse sans changer la première. C’est cette distinction qui évite de transformer un bénéfice limité en promesse de passer l’hiver sans être malade.

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Dans les essais de prise régulière, Cochrane décrit une réduction modeste mais constante de la durée des rhumes, ainsi qu’une diminution de leur sévérité. Il serait donc inexact de résumer ces travaux par « la vitamine C ne change rien ». Mais un rhume un peu plus court reste un rhume : cet effet sur les symptômes ne démontre pas une prévention en population générale. [1]

Vitamine C et rhume : la prise régulière ne réduit pas l’incidence en population générale, mais réduit modestement la durée et la sévérité ; la prise après les premiers symptômes n’a pas montré d’effet constant.
Les résultats sous prise régulière et sous prise commencée après les symptômes sont distincts. L’exception de prévention concerne de brefs efforts physiques extrêmes. Source : Cochrane, 2013. [1]

Et si l’on commence seulement quand le rhume arrive ? Les quelques essais thérapeutiques examinés n’ont pas montré d’effet constant sur la durée ou la sévérité. Les auteurs soulignent le petit nombre de ces essais et le besoin de recherches supplémentaires. Le bénéfice observé avec une prise régulière ne suffit donc pas à valider une prise commencée après les premiers symptômes. [1]

« Fonctionnement normal de l’immunité » ne veut pas dire « rhumes évités »

La vitamine C a bien une place dans le fonctionnement de l’organisme. Elle intervient notamment dans la formation du collagène et les défenses antioxydantes. Les fruits et les légumes en sont les principales sources alimentaires. L’Anses établit aussi des références nutritionnelles pour couvrir les besoins selon les groupes de population. Un repère nutritionnel n’est pas une dose de prévention du rhume. [2]

Sur un produit, la formule « La vitamine C contribue au fonctionnement normal du système immunitaire » correspond à une allégation autorisée par le règlement européen 432/2012, sous conditions : la denrée doit notamment être au moins une source de vitamine C au sens de la réglementation. Cette phrase décrit une fonction physiologique. Elle ne dit pas qu’une cure fait attraper moins de rhumes. [3]

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La directive européenne sur les compléments alimentaires précise d’ailleurs que leur étiquetage, leur présentation et leur publicité ne doivent pas leur attribuer des propriétés de prévention, de traitement ou de guérison d’une maladie humaine. Ces règles encadrent les produits et leur promotion ; elles ne remplacent pas l’examen des résultats cliniques. [4]

Avant une cure, identifier le besoin plutôt que miser sur une protection

Couvrir des apports insuffisants et éviter une infection sont deux objectifs différents. L’Anses rappelle qu’en l’absence de pathologie, une alimentation variée et équilibrée, dans le cadre d’une vie quotidienne physiquement active, peut couvrir les besoins nutritionnels sans nécessiter de complément. Certaines situations particulières peuvent justifier d’évaluer les apports avec un professionnel de santé. [5]

Si votre motivation est une fatigue inhabituelle, ne la traduisez pas automatiquement par « il me manque de la vitamine C ». Une fatigue durable relève d’une autre question, à examiner avec votre médecin. Pour une prise de complément, l’Anses conseille de demander un avis professionnel, d’éviter les prises prolongées, répétées ou multiples et de respecter les conditions d’emploi. [5]

Pour limiter la transmission des infections respiratoires, les gestes conseillés par l’Assurance Maladie restent concrets : lavage des mains, aération et port d’un masque lorsqu’on est malade ou que l’on présente des symptômes. Une cure de vitamine C ne les remplace pas. [6]

Avant de racheter une cure pour ne pas vous enrhumer, gardez donc la bonne question en tête : cherchez-vous à couvrir un besoin nutritionnel identifié, ou à éviter une infection ? En population générale, la prise régulière de vitamine C ne constitue pas une prévention du rhume démontrée. La nuance sur la durée des symptômes ne change pas cette réponse, et les résultats obtenus lors d’efforts extrêmes ne sont pas une consigne pour le quotidien.

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Sources et références
  1. Hemilä H, Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013, CD000980. DOI : 10.1002/14651858.CD000980.pub4.
    https://www.cochrane.org/CD000980/ARI_vitamin-c-for-preventing-and-treating-the-common-cold
  2. Anses — Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, section vitamine C.
    https://www.anses.fr/fr/content/les-references-nutritionnelles-en-vitamines-et-mineraux
  3. Commission européenne — Règlement (UE) n° 432/2012, annexe : vitamine C et fonctionnement normal du système immunitaire.
    https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32012R0432
  4. Parlement européen et Conseil — Directive 2002/46/CE relative aux compléments alimentaires, article 6.
    https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32002L0046
  5. Anses — Les compléments alimentaires, nécessité d’une consommation éclairée.
    https://www.anses.fr/fr/content/les-complements-alimentaires-necessite-dune-consommation-eclairee
  6. Assurance Maladie — Les gestes barrières à adopter.
    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/gestes-barrieres/les-gestes-barrieres-adopter

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