Les lésions du zona peuvent disparaître sans que la douleur s’arrête. Ce décalage compte dans le choix de se faire vacciner : il ne s’agit pas seulement d’éviter une éruption, mais aussi de réduire le risque de douleurs nerveuses qui lui survivent. En France, la vaccination est recommandée à toutes les personnes de 65 ans et plus, ainsi qu’aux adultes immunodéprimés dès 18 ans. [1, 2]
Une peau guérie n’est pas toujours un nerf apaisé
Le zona correspond au réveil du virus de la varicelle, resté dans l’organisme après l’infection. Ce n’est donc pas simplement une nouvelle varicelle. La maladie associe une éruption et des douleurs qui peuvent continuer après la guérison des lésions cutanées. On parle alors de douleurs post-zostériennes, ou de névralgies post-zostériennes. Leur origine nerveuse explique pourquoi les traitements habituels contre la douleur ne suffisent pas toujours. [1, 4]
Dans les essais du vaccin Shingrix, les chercheurs ont retenu une définition précise de ces névralgies : une douleur associée au zona, d’au moins 3 sur une échelle de 0 à 10, qui persiste ou apparaît plus de 90 jours après le début de l’éruption. Ce repère sert à mesurer un résultat dans une étude. Il ne faut pas attendre trois mois pour parler d’une douleur qui continue : l’Assurance Maladie conseille de consulter lorsqu’elle persiste après la guérison du zona. [1, 3]
La prévention prend ainsi une autre dimension. Une fois la peau cicatrisée, la douleur peut encore nécessiter des soins spécifiques. Éviter la maladie en amont permet de réduire le risque d’en arriver à cette complication.

À partir de 65 ans, l’intérêt dépasse l’éruption
La recommandation française vise toutes les personnes de 65 ans et plus, et pas seulement celles qui se sentent fragiles. L’Assurance Maladie relie explicitement ce choix à la fréquence des douleurs et à leur persistance après l’éruption chez les personnes âgées. L’absence de maladie chronique connue n’exclut donc pas de la recommandation. [1]
Le vaccin Shingrix est indiqué pour prévenir à la fois le zona et les névralgies post-zostériennes. Dans l’analyse groupée de deux essais chez des adultes de 70 ans et plus, 4 cas de ces névralgies ont été observés parmi 8 250 personnes vaccinées, contre 36 parmi 8 346 personnes ayant reçu un placebo, sur un suivi médian de quatre ans. L’efficacité vaccinale estimée contre cette complication était de 88,8 %. [3]
Ce chiffre compare le risque de développer la complication dans les deux groupes. Il ne mesure pas une réduction de l’intensité d’une douleur déjà installée. Le résumé des caractéristiques du vaccin précise d’ailleurs que ce bénéfice peut être attribué à la prévention du zona lui-même. Pour les personnes vaccinées qui ont malgré tout développé un zona, les cas étaient trop peu nombreux pour démontrer une diminution supplémentaire des névralgies.
L’immunodépression avance la prévention dès 18 ans
L’âge n’est pas le seul critère. Une immunodépression signifie que les défenses immunitaires sont affaiblies, du fait d’une maladie ou d’un traitement. En France, les adultes concernés peuvent bénéficier de la recommandation vaccinale dès 18 ans, notamment en cas de déficit immunitaire ou de traitement immunosuppresseur. [1, 2]
Shingrix n’est pas un vaccin vivant : il utilise une protéine du virus, associée à un adjuvant qui renforce la réponse immunitaire. Cette composition permet son utilisation chez l’adulte immunodéprimé. Le calendrier doit néanmoins tenir compte de la situation médicale et des traitements. Les résultats obtenus chez un groupe de patients ne donnent pas un taux de protection identique pour toutes les formes d’immunodépression. [1, 3]

Les recherches sur le cœur ne remplacent pas ce bénéfice établi
Le vaccin contre le zona suscite aussi de nouvelles recherches. Une étude américaine publiée dans Nature Medicine associe le vaccin recombinant à une moindre charge cardiovasculaire sur sept ans, comparativement à l’ancien vaccin vivant, chez des adultes de 60 ans et plus. Mais il s’agit d’une étude observationnelle, pas d’un essai démontrant une protection contre l’infarctus. Des différences non mesurées entre les groupes restent possibles. [4]
Cette piste ne change pas la raison concrète de la vaccination recommandée aujourd’hui en France : prévenir le zona et ses complications douloureuses. Elle ne constitue pas non plus une preuve supplémentaire pour les personnes immunodéprimées, dont plusieurs catégories avaient été exclues de l’étude cardiovasculaire.
Deux doses à organiser, même après un ancien zona
La vaccination comporte deux injections, habituellement espacées de deux mois. Le professionnel peut adapter l’intervalle si nécessaire. Les repères ne se choisissent pas uniquement selon les disponibilités dans l’agenda :
- Schéma habituel : une première dose, puis une seconde deux mois plus tard.
- Si une souplesse est nécessaire : la seconde dose peut être administrée entre deux et six mois après la première.
- En cas d’immunodépression et de besoin de protection plus rapide : un intervalle d’un à deux mois peut être retenu par le professionnel. [3]
Avoir déjà eu un zona ne dispense pas de la vaccination lorsqu’elle est recommandée. Vaccination Info Service prévoit, dans le cas général, un délai d’au moins un an après l’épisode, ou après une ancienne vaccination par Zostavax, avant les deux doses de Shingrix. Zostavax, l’ancien vaccin vivant, n’est plus disponible en France depuis juin 2024. [2]

Le vaccin est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie pour les personnes de 65 ans et plus et les adultes immunodéprimés dès 18 ans. La couverture complémentaire dépend ensuite de vos droits et de votre contrat. La recommandation française est à distinguer de l’autorisation européenne du vaccin, plus large, qui le prévoit dès 50 ans ou dès 18 ans en cas de risque accru de zona. [1, 2, 3]
Si le zona est déjà là, le rendez-vous sert d’abord à le traiter
Le vaccin ne traite pas une crise de zona. En présence d’une éruption douloureuse, le médecin évalue la localisation, l’étendue, l’âge et l’état immunitaire pour décider des soins. Dans les situations qui justifient un antiviral, celui-ci doit être commencé le plus tôt possible, dans les 72 heures après le début de l’éruption. Un zona dans la partie supérieure du visage peut atteindre l’œil et conduire à une consultation ophtalmologique. [1]

Si les lésions ont guéri mais que la douleur continue, le traitement peut cibler spécifiquement les douleurs neuropathiques, c’est-à-dire celles liées aux nerfs. Le médecin peut aussi proposer, dans certaines situations, des anesthésiques locaux pour un soulagement temporaire. L’Assurance Maladie déconseille de traiter seul ces douleurs persistantes avec des antalgiques sans avis médical. [1]
Sources et références
- https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/zona/consultation-traitement-zona
- https://www.vaccination-info-service.fr/Les-maladies-et-leurs-vaccins/Zona
- https://www.ema.europa.eu/fr/documents/product-information/shingrix-epar-product-information_fr.pdf
- https://www.nature.com/articles/s41591-026-04606-0





