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Sans médecin traitant : pourquoi une consultation à 30 euros peut n’être remboursée que 8,40 euros

Le rapport de la Cour des comptes relance le débat sur l’accès au médecin traitant. Pour les patients qui en cherchent un, les questions sont immédiates : comment garder un suivi, combien sera remboursée la consultation et vers qui se tourner si les cabinets sont complets ? Les règles actuelles permettent de distinguer les situations.

Relu par Antoine BOUQUET
Une patiente échange avec un généraliste dans un cabinet médical.

Un cabinet qui ne prend plus de nouveaux patients, un médecin qui part à la retraite, des rendez-vous trouvés au coup par coup… Quand on cherche un médecin traitant, la difficulté ne s’arrête pas à obtenir une consultation. Il faut aussi savoir qui suivra les examens, à qui transmettre les comptes rendus et comment les soins seront remboursés.

Le rapport de la Cour des comptes publié le 30 septembre 2026 remet cette situation au premier plan. Il dénombre 6,3 millions de patients sans médecin traitant déclaré au 30 juin 2025, parmi les personnes de 17 ans et plus ayant consommé des soins de ville, tous régimes confondus. Ce chiffre porte sur une déclaration manquante, pas sur une absence de toute consultation.[1]

Le suivi ne se résume pas au prochain rendez-vous

Le médecin traitant est le professionnel qui vous soigne régulièrement, centralise votre dossier et vous oriente vers d’autres médecins lorsque c’est nécessaire. Il assure aussi une prévention adaptée à votre situation, des vaccinations aux dépistages. C’est cette continuité du suivi qu’il faut organiser lorsque personne ne tient encore ce rôle.[2]

Vous avez déjà un rendez-vous avec un autre médecin ? Dites-lui que vous n’avez pas de médecin traitant déclaré et apportez vos ordonnances ainsi que les résultats des derniers examens. Vous pourrez lui demander qui doit recevoir le compte rendu, quand refaire le point et comment obtenir la suite des soins. Un rendez-vous ponctuel n’équivaut pas, à lui seul, à un accord pour devenir votre médecin traitant.

Pour un besoin qui peut être évalué à distance, une téléconsultation peut aussi être une option à discuter avec le médecin. Celui-ci peut demander un examen au cabinet si la vidéo ne suffit pas. Les règles de remboursement propres à la téléconsultation sont à vérifier avant le rendez-vous : l’exemple qui suit concerne une consultation en présence du généraliste.

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À 30 euros, combien l’Assurance Maladie rembourse-t-elle ?

Prenons une situation précise : un adulte non exonéré, une consultation ordinaire de généraliste de secteur 1 facturée 30 euros, sans exception au parcours de soins. Avec un médecin traitant déclaré et un parcours respecté, l’Assurance Maladie verse 19 euros, après la participation forfaitaire de 2 euros. Sans médecin traitant déclaré, elle verse 8,40 euros dans ce même exemple.[3]

Le calcul hors parcours est le suivant : 70 % de la base de 30 euros, auxquels sont retirés 10,60 euros pour le non-respect du parcours, puis les 2 euros de participation. L’écart entre les deux remboursements est donc de 10,60 euros par consultation. Ces montants ne s’appliquent pas indistinctement à tous les spécialistes, à tous les secteurs ni à toutes les situations d’exonération.

Consultation de généraliste secteur 1 à 30 euros : 19 euros dans le parcours et 8,40 euros sans médecin traitant déclaré, hors parcours sans exception, pour un adulte non exonéré. Des exceptions existent.
Montants versés par l’Assurance Maladie après la participation de 2 euros, pour cet exemple de consultation.[3]

Et la mutuelle ? Elle peut prendre en charge tout ou partie du ticket modérateur habituel, selon le contrat. En revanche, la majoration liée au non-respect du parcours n’est pas prise en charge par la complémentaire santé. Le remboursement de l’Assurance Maladie et le montant qui reste finalement à payer sont donc deux informations à examiner séparément.[4]

Les exceptions dépendent de votre situation

Avant de conclure que votre consultation sera moins bien remboursée, précisez votre situation au médecin. Le remplacement de votre médecin traitant, son absence, un éloignement de votre domicile ou une urgence peuvent permettre un remboursement normal dans les conditions prévues. Une urgence au sens du parcours ne désigne pas simplement un rendez-vous souhaité rapidement.[2]

  • Votre médecin est parti à la retraite ou a changé de département depuis moins d’un an : Service Public indique un remboursement normal dans cette situation. Si vous êtes concerné, contactez votre caisse pour faire le point sur votre dossier.[5]
  • Votre enfant a moins de 16 ans : l’absence de déclaration ou le non-respect du parcours ne réduit pas le remboursement. La participation de 2 euros, elle, ne concerne pas les moins de 18 ans. Ce sont deux règles d’âge différentes.[3]
  • Vous consultez un spécialiste en accès direct : pour les actes concernés en gynécologie ou en ophtalmologie, notamment, il reste nécessaire d’avoir déclaré un médecin traitant pour être remboursé normalement. « Sans passer par lui » ne signifie donc pas « sans en avoir déclaré un ».[2]
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Une affection de longue durée, ou ALD, appelle également une vérification selon les soins concernés. Vous pouvez consulter directement les spécialistes mentionnés dans votre protocole de soins pour une ALD exonérante. Cela ne rend pas automatiquement tous vos soins gratuits ou dispensés de toute règle de parcours. À l’inverse, les soins dentaires ne sont pas concernés par le parcours de soins coordonnés.

Une femme assise sur un canapé discute en visioconférence avec son médecin sur un ordinateur portable.

Qui contacter si les cabinets ne peuvent pas vous accueillir ?

Le choix du médecin traitant est libre, mais le médecin doit accepter ce rôle. Il peut être généraliste ou spécialiste, exercer seul, dans un cabinet de groupe, un centre de santé ou à l’hôpital. La proximité du domicile n’est pas le seul critère : un cabinet près de votre travail peut aussi être pratique pour votre suivi.

Si vos recherches n’aboutissent pas, Service Public conseille de contacter une organisation coordonnée territoriale. En cas de difficulté, notamment lorsqu’il n’en existe pas sur votre territoire, adressez-vous à votre caisse d’Assurance maladie, CPAM ou MSA selon votre régime. L’objectif est d’obtenir une aide pour votre recherche, pas de supposer qu’un médecin vous sera immédiatement attribué.[5]

Pour faciliter cet échange, préparez les informations utiles : départ éventuel de votre précédent médecin, démarches déjà tentées et besoins de suivi. Si vous avez des examens en attente ou un traitement en cours, signalez-le. Vous pourrez demander à la fois une orientation pour les soins nécessaires et de l’aide pour trouver un suivi durable.

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Une fois un médecin d’accord, la déclaration peut se faire en ligne au cabinet avec votre carte Vitale. L’autre possibilité est un formulaire signé par vous et le médecin, à remettre ou à envoyer à votre caisse. Si vous changez de médecin traitant, la nouvelle déclaration annule la précédente, sans justificatif à fournir.[5]

Profitez de ce premier échange pour préciser comment préparer les prochains rendez-vous. Pour le suivi de la tension, par exemple, un relevé organisé peut aider à transmettre des informations exploitables plutôt qu’un chiffre isolé. Les consignes restent à fixer avec le professionnel qui vous suit.

Le seuil de 500 patients ne change pas encore vos démarches

La Cour des comptes propose d’instaurer un seuil minimal de patients suivis comme médecin traitant pour les généralistes libéraux installés, dans les prochaines négociations conventionnelles. Elle envisage 500 patients, avec des adaptations selon l’exercice et la patientèle. Il s’agit d’une proposition, pas d’une obligation adoptée qui vous donnerait aujourd’hui accès à un médecin.[1]

Tensiomètre de bras à écran éteint, brassard bleu nuit et carnet ouvert sur une table à domicile.

Pour votre situation actuelle, le plus utile reste de mener les deux démarches en parallèle : organiser les soins dont vous avez besoin et rechercher un médecin qui accepte le suivi. Au prochain rendez-vous, dites clairement où vous en êtes. Et auprès de votre caisse, vérifiez les règles de remboursement correspondant à votre cas, plutôt que d’appliquer un montant général à toutes vos consultations.

Sources et références
  1. Cour des comptes — Le dispositif du médecin traitant, septembre 2026, p. 11, 29 et 35.
    https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2026-09/20260930-Dispositif-du-medecin-traitant.pdf
  2. Assurance Maladie — Le rôle du médecin traitant et le parcours de soins coordonnés, 23 avril 2026.
    https://www.ameli.fr/assure/remboursements/etre-bien-rembourse/medecin-traitant-parcours-soins-coordonnes
  3. Assurance Maladie — Consultations en métropole : vos remboursements, 2 octobre 2026.
    https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/consultations-telemedecine/metropole
  4. Assurance Maladie — Qu’est-ce que le ticket modérateur ?, 30 septembre 2026.
    https://www.ameli.fr/assure/remboursements/reste-charge/ticket-moderateur
  5. Service Public — Médecin traitant et parcours de soins coordonnés, vérifié le 21 août 2026.
    https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F163

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