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Androcur dans « Enquête de santé » : un méningiome peut être bénin sans être anodin, et le suivi dépend du médicament

France Télévisions présente une enquête sur l’Androcur. Un méningiome est le plus souvent non cancéreux, mais peut provoquer des troubles graves. Pourquoi sa surveillance diffère-t-elle entre l’Androcur à 50 ou 100 mg et une pilule au désogestrel ?

Relu par Antoine BOUQUET
Boîte Androcur 50 mg sur un bureau avec un dossier médical et une illustration anatomique en arrière-plan.

Le mot « tumeur » suffit à changer la lecture d’une ordonnance. France Télévisions présente une soirée d’Enquête de santé consacrée aux traitements hormonaux, avec un documentaire d’Élise Richard centré sur l’Androcur et le parcours de femmes atteintes de méningiomes. Cette présentation remet au premier plan une question très concrète : que faut-il surveiller quand on prend un traitement hormonal ? [1]

Pour y répondre, il faut distinguer deux choses : la gravité possible d’un méningiome et le risque propre au médicament pris. Le suivi prévu pour l’Androcur à 50 ou 100 mg n’est pas celui recommandé pour une contraception au désogestrel. Les recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) permettent de comprendre cette différence sans banaliser la tumeur ni mettre toutes les hormones dans le même panier.

« Non cancéreux » ne veut pas dire sans conséquences

Un méningiome se développe à partir des méninges, les enveloppes qui entourent le cerveau. Il est le plus souvent non cancéreux et croît lentement. Mais la place qu’il occupe compte : selon sa taille et sa localisation, il peut exercer une pression sur le cerveau ou sur des nerfs. C’est ce qui peut provoquer des troubles de la vision, de l’audition, de la mémoire ou des mouvements. [3]

Le qualificatif « bénin » décrit donc la nature de la tumeur, pas l’importance de ses conséquences dans la vie quotidienne. L’ANSM rappelle que ces tumeurs peuvent être à l’origine de troubles graves et nécessiter une intervention chirurgicale lourde. Une tumeur non cancéreuse peut ainsi demander une prise en charge spécialisée, sans que chaque diagnostic conduise automatiquement à une opération.

Androcur : un risque qui a changé les règles de prescription

L’Androcur contient de l’acétate de cyprotérone. Pour les dosages à 50 ou 100 mg, l’ANSM a renforcé l’information et la surveillance depuis juillet 2019. Elle demande d’éviter les utilisations prolongées et les fortes doses : le risque de méningiome dépend de l’exposition cumulée, autrement dit de la quantité reçue au fil du temps. [2]

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Ce cadre ne consiste pas seulement à ajouter un examen. Le prescripteur doit réévaluer au moins chaque année la raison du traitement, sa dose et son intérêt pour la personne. L’ANSM exclut notamment son utilisation pour l’acné, l’hirsutisme modéré — une pilosité excessive — ou la ménopause. Elle considère aussi son usage comme contraception hors autorisation de mise sur le marché comme défavorable. Ces comprimés à 50 ou 100 mg ne doivent donc pas être assimilés à une pilule contraceptive ordinaire.

Lorsqu’un traitement est poursuivi, l’agence recommande la dose efficace la plus faible. Une attestation d’information doit être remplie et cosignée chaque année par le médecin et la personne traitée. Le document formalise l’information sur le risque et les précautions, en plus de la discussion en consultation.

Sous Androcur, une IRM est prévue même sans symptômes

L’imagerie par résonance magnétique, ou IRM, permet d’obtenir des images du cerveau pour rechercher un méningiome et, s’il existe, suivre son évolution. Dans le cadre de l’Androcur à 50 ou 100 mg, une première IRM est prescrite au début du traitement. Si elle est normale et que le traitement continue, une autre est prévue dans les cinq ans, puis tous les deux ans tant que l’imagerie reste normale. [2]

Salle d’imagerie avec un appareil d’IRM et sa table d’examen, sans patient.
Une IRM peut servir à rechercher un méningiome ou à suivre son évolution ; sa prescription dépend du traitement et de la situation clinique.

Ce calendrier est une surveillance programmée : on ne doit pas attendre l’apparition de troubles pour en parler. Pour une personne qui a pris de l’Androcur autrefois et l’a arrêté, en revanche, l’ANSM ne demande pas d’IRM systématique en l’absence de symptômes évocateurs. La situation actuelle et l’historique du traitement déterminent donc aussi le suivi.

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Désogestrel : un risque très faible, sans IRM systématique

Le désogestrel est un progestatif utilisé notamment dans des pilules contraceptives. Dans son information aux femmes concernées, l’ANSM décrit un risque de méningiome très faible : la très grande majorité des utilisatrices n’en développeront pas. La durée d’utilisation, l’âge et la prise passée d’autres progestatifs à risque font partie des éléments à examiner avec le médecin ou la sage-femme. [3]

Cette appréciation conduit à une autre règle : pas d’IRM cérébrale de façon systématique. Une IRM peut néanmoins être prescrite en cas de symptômes évocateurs. À l’instauration du désogestrel, une exposition antérieure de plus d’un an à certains progestatifs à risque constitue aussi une situation particulière à examiner. L’absence de dépistage systématique n’est donc pas l’absence de suivi.

Comparaison du suivi : IRM programmées sous Androcur 50 ou 100 mg ; pas d’IRM systématique sous désogestrel, avec évaluation selon les symptômes et les traitements antérieurs.
Le calendrier sous Androcur concerne l’acétate de cyprotérone à 50 ou 100 mg. Sous désogestrel, des symptômes ou certains traitements antérieurs peuvent conduire le médecin à prescrire une IRM. Sources : ANSM [2], [3].

Le message de l’agence pour les utilisatrices est explicite : « Ne l’arrêtez pas sans avis médical car il existe un risque de grossesse non désirée. » En l’absence de symptômes, le courrier d’information ne demande pas un rendez-vous en urgence. La contraception doit être réévaluée chaque année, au cours d’une consultation de routine. Un méningiome présent ou passé, lui, contre-indique une contraception au désogestrel ou à l’étonogestrel. [3]

Une tumeur découverte n’impose pas toujours une opération

Si un méningiome est détecté sous Androcur, le traitement doit être définitivement arrêté et le médecin doit orienter la personne vers un neurochirurgien. Ce spécialiste évalue la prise en charge, y compris la nécessité ou non d’une intervention. L’ANSM indique que la majorité des méningiomes associés à l’acétate de cyprotérone régressent ou se stabilisent après l’arrêt : une ablation systématique n’est donc pas à privilégier. [2]

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Cette évolution possible ne supprime pas la surveillance. Quand un méningiome a été diagnostiqué, sa nature et sa fréquence sont à déterminer avec les médecins. Sous désogestrel également, la découverte d’un méningiome conduit à arrêter le traitement et à demander l’avis d’un neurochirurgien.

En consultation, le nom du médicament ne suffit pas

Pour reconstituer l’exposition, les informations utiles sont précises : nom de la substance, dosage, dates de prise et traitements antérieurs. Les anciennes ordonnances peuvent aider à les retrouver. Si une IRM est prévue, demandez aussi à qui transmettre le résultat et quand reprendre rendez-vous : un examen et la consultation qui en tire les conséquences sont deux étapes distinctes.

Sous désogestrel, l’ANSM demande de consulter en cas de maux de tête persistants, de troubles visuels, de faiblesse musculaire, de difficultés d’équilibre ou de langage, de pertes de mémoire ou d’épilepsie nouvelle ou aggravée. Ces signes nécessitent une évaluation médicale ; ils ne permettent pas, à eux seuls, de reconnaître un méningiome. Le professionnel décide alors des examens nécessaires, dont éventuellement une IRM. [3]

Sources et références
  1. France Télévisions — Présentation d’Enquête de santé, « Traitements hormonaux : le nouveau scandale sanitaire ? »
    https://www.francetvpro.fr/contenu-de-presse/77722559
  2. ANSM — Androcur : informations et recommandations d’utilisation et de suivi des personnes traitées par acétate de cyprotérone
    https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/androcur-et-risque-de-meningiome/informations-et-recommandations-dutilisation-et-de-suivi-des-personnes-traitees-par-acetate-de-cyproterone
  3. ANSM — Contraception à base de désogestrel et risque de méningiome : questions-réponses
    https://ansm.sante.fr/actualites/contraception-a-base-de-desogestrel-et-risque-de-meningiome-questions-reponses

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