Une prise en charge à « 100 % » peut donner l’impression que le coût du traitement est réglé une fois pour toutes. Avec la fin annoncée du remboursement de Zoladex, cette formule atteint pourtant une limite très concrète : l’ALD exonérante ne rend pas remboursable un médicament qui sort de la liste. Ce n’est pas le droit du patient à l’ALD qui disparaît, mais la prise en charge de cette spécialité. Pour comprendre la dépense qui pourrait suivre, il faut regarder le droit au remboursement avant son pourcentage.
Avant le « 100 % », deux conditions de remboursement
L’Assurance maladie pose deux conditions à la prise en charge d’un médicament : la prescription doit correspondre à une indication thérapeutique ouvrant droit au remboursement, et le produit doit être inscrit sur la liste des médicaments remboursables aux assurés sociaux. Une ordonnance, même rédigée pour une maladie grave, ne suffit donc pas à elle seule. [3]
L’affection de longue durée, ou ALD, intervient dans ce cadre. Lorsqu’elle est exonérante, les soins remboursables en lien avec la maladie bénéficient d’une exonération du ticket modérateur : c’est la part de la base de remboursement normalement laissée à l’assuré. Le « 100 % » désigne cette base, pas la totalité de toutes les dépenses de santé. Certains frais demeurent exclus et des règles particulières existent pour certains médicaments. [2]
Il faut ainsi distinguer trois questions, dans cet ordre : le médicament ouvre-t-il droit à une prise en charge ? Sur quelle base ? Quelle part de cette base l’Assurance maladie rembourse-t-elle ? L’ALD peut modifier la réponse à la dernière question. Elle ne supprime pas la première condition.

Pour Zoladex, il s’agit d’une radiation, pas d’un taux réduit
Selon Vidal, les présentations de Zoladex à 3,6 mg et 10,8 mg seront radiées des listes des médicaments remboursables et des spécialités agréées aux collectivités pour l’ensemble de leurs indications le 15 décembre 2026. Leur prise en charge est maintenue jusqu’au 14 décembre inclus. Le médicament doit rester commercialisé après cette échéance, sans remboursement par l’Assurance maladie. [1]
Ce changement ne correspond donc pas au passage d’un taux de remboursement à un autre. Un médicament pris en charge à 15 % reste remboursable, même si la part laissée à l’assuré augmente. Une spécialité radiée sort, elle, du dispositif. Le déremboursement de Zoladex ne se calcule pas comme un ticket modérateur plus élevé.
La distinction compte aussi sur le plan médical. La radiation a été demandée par AstraZeneca. Vidal indique qu’aucune nouvelle donnée clinique ne modifie l’avis de la Commission de la transparence favorable au maintien de la prise en charge. La décision financière ne constitue pas une consigne d’arrêt du traitement. [1]

Pourquoi le prix actuel ne donne pas votre future facture
Avant la radiation, le prix servant au remboursement renseigne sur la prise en charge dans le système actuel. Il ne permet pas de promettre le montant qui sera demandé lors d’une délivrance après le 14 décembre. Les prix cités par Vidal avant cette échéance ne sont pas des tarifs futurs garantis. [1]
Pour une délivrance concernée par la radiation, la dépense part du prix effectivement facturé par la pharmacie. En l’absence de prise en charge par l’Assurance maladie pour ce médicament, une intervention éventuelle de la complémentaire devient une question distincte. Un ancien remboursement, une ancienne facture ou la mention « ALD » sur l’ordonnance ne permettent pas de calculer à eux seuls le reste à payer.
C’est pourquoi une estimation utile doit préciser la présentation du médicament, la date de délivrance envisagée et le prix applicable, puis distinguer ce prix de l’éventuel remboursement contractuel. Additionner des prix actuels pour annoncer un budget annuel après le déremboursement donnerait une précision trompeuse.
Une mutuelle peut intervenir, mais l’ALD ne l’y oblige pas
Ameli précise que des frais laissés à la charge d’une personne en ALD peuvent être remboursés, en partie ou en totalité, par sa mutuelle si son contrat le prévoit. Cela n’instaure pas une prise en charge automatique de tout médicament prescrit non remboursable. [2]
La question à transmettre à la complémentaire doit donc être précise : « Mon contrat couvre-t-il Zoladex lorsqu’il n’est plus remboursé par l’Assurance maladie ? » Une réponse portant seulement sur les médicaments encore remboursables, ou sur le ticket modérateur, ne répond pas à cette situation.
- La catégorie de dépense couverte : une garantie applicable aux médicaments non remboursés est-elle prévue ?
- Le montant mobilisable : si elle existe, quel remboursement peut être accordé pour cette délivrance, dans la limite des plafonds du contrat ?
- Les justificatifs nécessaires : quels documents faut-il transmettre pour obtenir ce remboursement éventuel ?
Une confirmation écrite permet de garder la réponse attachée au bon médicament et au bon contexte. Elle évite de confondre une formule générale du tableau de garanties avec un engagement de prise en charge pour l’achat envisagé.

Le tiers payant règle l’avance de frais, pas le droit au remboursement
Le tiers payant dispense d’avancer une part déjà prise en charge. Il n’ajoute pas un médicament à la liste des produits remboursables. Pour une dépense qui reste couverte, devoir payer au comptoir peut n’être qu’une avance récupérable ensuite. Pour un médicament radié, l’absence de remboursement par l’Assurance maladie ne se résout pas par le tiers payant. [3]
Cette différence change le sens d’une somme demandée : s’agit-il d’une avance, d’une dépense non couverte, ou d’un montant que la complémentaire pourra éventuellement rembourser ? La facture de la pharmacie et la réponse du contrat permettent de séparer ces situations. La continuité médicale, elle, se discute avec le prescripteur, sans modifier soi-même le traitement pour compenser un coût.

L’ordonnance bizone conserve une autre fonction : sa partie haute identifie les prescriptions liées à l’ALD, sa partie basse celles qui concernent d’autres maladies. Inscrire Zoladex dans la partie réservée à l’ALD ne le réinscrira pas sur la liste des médicaments remboursables. Les autres soins liés à l’ALD restent soumis à leurs propres règles de prise en charge ; la radiation d’une spécialité n’abolit pas l’ensemble de ces droits. [2]
Sources et références
- Vidal — ZOLADEX : déremboursement programmé en décembre 2026, 16 juillet 2026.
https://www.vidal.fr/actualites/38044-zoladex-deremboursement-programme-en-decembre-2026.html - Assurance maladie — À quoi sert la prise en charge en Affection Longue Durée (ALD) exonérante ?, 30 septembre 2026.
https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/affection-longue-duree-ald/prise-en-charge-ald-exonerante - Assurance maladie — Remboursement des médicaments et tiers payant, 11 septembre 2026.
https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/medicaments-vaccins-dispositifs-medicaux/remboursement-medicaments-tiers-payant





