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Réveil dans le noir, énergie en baisse : pourquoi la fatigue d’automne ne se joue pas seulement dans votre assiette

Les matins sombres peuvent modifier les repères de l’horloge interne, tandis qu’un coucher tardif raccourcit toujours les nuits. Comprendre ce qui change dans votre routine aide à faire la part de la lumière, du sommeil et d’une fatigue qui aurait une autre cause.

Relu par Antoine BOUQUET
Illustration d’une femme au réveil dans une chambre sombre, près d’une fenêtre ouverte sur un matin d’automne.

Le réveil peut sonner à la même heure qu’en été, alors que la chambre reste encore dans la pénombre. Ce décalage donne une piste pour comprendre certains matins difficiles : vos obligations n’ont pas bougé, mais la lumière disponible, elle, a changé. Dans un article publié le 29 septembre 2026 par Hartford Hospital, Rebecca Kaplan, infirmière de pratique avancée au sein de Hartford HealthCare, rappelle que la lumière du jour, les horaires de sommeil et les routines influencent l’énergie ressentie. Elle insiste aussi sur les autres causes possibles d’une fatigue persistante. [1]

La lumière donne un repère à l’horloge interne

L’horloge interne est le système qui organise les rythmes du corps au fil de la journée, notamment l’alternance entre veille et sommeil. La lumière fait partie de ses repères : elle aide l’organisme à se situer dans le cycle jour-nuit. Quand les journées raccourcissent, l’exposition à la lumière naturelle peut diminuer, surtout si vous partez avant le lever du soleil et passez ensuite la journée à l’intérieur.

Ce n’est donc pas seulement l’heure affichée qui compte. Selon Rebecca Kaplan, une modification des horaires et de l’exposition au jour peut changer les moments où certaines personnes se sentent éveillées ou somnolentes. Un réveil laborieux en automne n’implique pas que votre corps manque forcément d’un nutriment. [1]

Invité de RTL info le 9 octobre, le médecin somnologue Albert Lachman explique lui aussi le rôle de l’alternance entre luminosité et obscurité dans le sommeil. L’enjeu est celui du contraste entre le jour et la nuit, pas celui d’une hormone qui expliquerait, à elle seule, toutes les baisses d’énergie. La mélatonine intervient dans le cycle veille-sommeil, mais les mécanismes étudiés dans la dépression saisonnière ne permettent pas de ramener toute fatigue d’automne à un excès de mélatonine. [2] [3]

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Deux repères à distinguer : la lumière du jour aide l’horloge interne à se situer, tandis que les horaires de coucher et de lever déterminent le temps laissé au sommeil. Une fatigue persistante peut avoir d’autres causes.
Lumière disponible et temps de sommeil peuvent changer ensemble, mais ils ne résument pas toutes les causes de fatigue. [1]

Un coucher tardif reste un coucher tardif, même quand il fait noir

Les horaires ajoutent une autre difficulté. Les activités de rentrée peuvent reprendre alors que le coucher garde son rythme estival. Si vous vous endormez tard mais devez toujours vous lever tôt, le temps de sommeil se réduit. Hartford Hospital souligne que les nuits insuffisantes répétées peuvent s’accumuler et peser sur l’énergie en fin de semaine. [1]

Pour comprendre ce qui a changé, regardez vos nuits plutôt que le seul nombre d’heures passées au lit : l’heure à laquelle vous vous endormez, les réveils éventuels et l’heure du lever. Une fatigue au réveil peut aussi suivre un sommeil entrecoupé, sans que le coucher ait particulièrement reculé.

Rebecca Kaplan propose deux repères simples pour accompagner le changement de saison :

  • Sortir pendant les heures de jour lorsque c’est possible, notamment plus tôt dans la journée.
  • Garder des heures de coucher et de lever assez régulières, en tenant compte de vos contraintes. [1]

Ces habitudes ne demandent pas de se coucher dès la tombée de la nuit. Elles visent à préserver une place pour le sommeil et une occasion de voir la lumière du jour. Elles ne constituent pas non plus un protocole de luminothérapie, qui relève d’un autre usage de la lumière dans la prise en charge de la dépression saisonnière.

Une adulte au repos dans un lit, la tête sur un oreiller clair et le corps sous une couette bleu-gris.

Quand le matin est sombre, chercher le jour ailleurs dans la journée

Si le jour n’est pas encore levé au départ de la maison, une sortie peut trouver sa place plus tard : une portion du trajet une fois le jour installé, ou une pause dehors. Ce sont des façons d’appliquer le conseil d’exposition au jour, pas des durées de traitement. Il n’est pas nécessaire d’attendre un grand soleil pour se demander quelle place l’extérieur occupe réellement dans vos journées.

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Un adulte marche sur un chemin de parc bordé d’arbres aux couleurs d’automne, en pleine journée.
Quand le départ matinal se fait dans l’obscurité, une occasion de sortir peut se trouver plus tard dans la journée.

Le point utile est de comparer votre routine actuelle à celle de l’été. Les heures dehors ont-elles diminué ? Le travail ou les activités du soir laissent-ils moins de temps pour dormir ? Le réveil est-il devenu plus difficile alors que les horaires sont restés identiques ? Ces questions permettent de distinguer deux changements qui peuvent se superposer : moins de lumière naturelle et moins de sommeil.

Une fatigue qui s’installe ne se lit pas seulement sur le calendrier

Le sommeil peut être perturbé pour d’autres raisons. Hartford Hospital cite notamment les allergies : un nez encombré ou une toux peuvent interrompre les nuits. Une infection respiratoire peut également fatiguer pendant la maladie et laisser une baisse d’énergie après les symptômes les plus marqués. L’évolution compte : une fatigue qui s’aggrave, dure des semaines ou s’accompagne de nouveaux symptômes mérite d’être discutée avec un médecin. [1]

Il faut aussi regarder ce qui accompagne la fatigue. Une humeur durablement dégradée, une perte d’intérêt pour les activités habituelles ou un retrait des relations sociales changent la question. Dans son entretien à RTL, Albert Lachman situe la limite dans le retentissement sur la vie quotidienne : « Quand on franchit la porte de mon cabinet, avec une plainte qui dérange vraiment le fonctionnement et la vie des gens, pour moi, ça c’est la limite. » [2]

La dépression saisonnière n’est pas le nom médical de toute mauvaise semaine d’automne. Le National Institute of Mental Health décrit une dépression avec un schéma saisonnier récurrent ; son diagnostic tient notamment compte d’épisodes survenant à une saison précise pendant au moins deux années consécutives. C’est une appréciation clinique, pas un diagnostic à faire à partir de la seule fatigue. [3]

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Un repas d’automne composé de lentilles et de courge, accompagné de pain complet, de noix et d’un verre d’eau.

Pour une fatigue persistante, Rebecca Kaplan évoque également l’anémie, les problèmes de thyroïde, le diabète et les troubles du sommeil parmi les causes possibles, sans proposer le même bilan à tout le monde. Lors d’un rendez-vous, vous pouvez préciser depuis quand l’épuisement dure, comment se passent vos nuits, s’il a suivi une infection et quelles activités sont devenues difficiles. Vous n’avez pas besoin d’avoir trouvé la cause avant de consulter. [1]

Sources et références
  1. Hartford Hospital — Why Am I So Tired in the Fall? 6 Possible Reasons, 29 septembre 2026.
    https://hartfordhospital.org/about-hh/news-center/news-detail?articleId=75536&publicid=461
  2. RTL info — Entretien original avec le somnologue Albert Lachman, par Jérôme Leroy, 9 octobre 2026.
    https://www.rtl.be/actu/belgique/societe/comment-le-manque-de-lumiere-impacte-notre-sommeil-ce-somnologue-livre-ses/2026-10-09/article/802783
  3. National Institute of Mental Health — Seasonal Affective Disorder, fiche révisée en 2023.
    https://www.nimh.nih.gov/health/publications/seasonal-affective-disorder

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