Sur un dessin de l’appareil reproducteur, on reconnaît assez vite les ovaires et les trompes. Le rete ovarii, lui, demande un autre niveau de détail. Cette petite structure est reliée à l’ovaire, avec une partie située dans celui-ci et une autre dans son voisinage. Pour se la représenter, mieux vaut donc zoomer sur un seul ovaire plutôt que chercher un nouvel organe entre l’utérus et les trompes.
Les images à l’origine du regain d’intérêt viennent d’une étude chez la souris, dont la version de référence a été publiée le 19 mars 2025. Elles montrent comment les différentes parties du rete s’organisent ensemble, sans fournir une carte précise de cette structure chez la femme. [1]
Où se situe le rete ovarii ?
Le point de repère est l’ovaire lui-même. Le rete ovarii est une structure épithéliale, c’est-à-dire formée de cellules qui constituent un revêtement ou s’organisent en petits cordons. Dans le modèle de souris étudié, il associe un réseau à l’intérieur de l’ovaire à une partie tubulaire extérieure, reliés par une zone de connexion.
Chez la souris nouveau-née, les chercheurs le décrivent sur la face dorsale de l’ovaire. « Dorsale » désigne le côté orienté vers le dos de l’animal. Pour lire les schémas, repérez d’abord l’ovaire et l’oviducte plutôt qu’un côté gauche ou droit de l’image. [2]
Chez l’humain, le rete ovarii est également décrit, notamment au niveau du hile ovarien, la zone où passent les vaisseaux et les nerfs de l’ovaire. Un cas clinique publié en 2022 documente un kyste provenant de cette structure chez une femme. Cette présence humaine ne permet toutefois pas de reprendre, à l’identique, les contours observés chez la souris. [3]

Trois zones, mais pas trois petits tuyaux identiques
Les noms semblent compliqués, mais ils indiquent surtout la position. Dans les observations chez la souris, les chercheurs distinguent trois régions du rete ovarii. [1]
- Le rete intraovarien, ou IOR, se trouve dans l’ovaire. Il forme un fin réseau de cordons cellulaires, décrits comme plutôt solides.
- Le rete de connexion, ou CR, fait le lien entre l’intérieur et l’extérieur. Ses cellules acquièrent progressivement des caractéristiques tubulaires au cours du développement.
- Le rete extraovarien, ou EOR, se situe à l’extérieur. Il présente des tubules sinueux, avec une extrémité élargie qui se termine en cul-de-sac.
Le détail important se trouve dans le mot « solide ». On pourrait imaginer un réseau de canalisations creuses traversant l’ovaire de part en part, mais ce serait une image trompeuse de l’IOR. Les trois régions sont liées, sans avoir toutes la même forme ni nécessairement le même rôle.

Pourquoi ce n’est pas une autre trompe
Deux structures proches peuvent se ressembler sur un dessin sans remplir la même fonction. La trompe de Fallope participe au trajet de l’ovocyte après sa libération par l’ovaire. Chez la souris, on parle d’oviducte. Le rete ovarii constitue une structure distincte, reliée à l’ovaire, et non une seconde voie connue pour transporter l’ovocyte.
Les expériences qui ont attiré l’attention portent sur un liquide marqué par un traceur fluorescent. Dans un complexe ovarien disséqué de souriceaux âgés de sept jours, ce liquide est passé de l’extrémité du rete extraovarien vers l’ovaire. Les chercheurs n’ont pas observé le déplacement d’un ovocyte dans le rete. [1]
Une structure mieux dessinée, un rôle encore à préciser
Cette anatomie donne de nouvelles pistes aux chercheurs. La partie extraovarienne est proche de vaisseaux et de prolongements nerveux. Ses cellules présentent aussi des caractéristiques compatibles avec une activité de sécrétion, et des protéines candidates ont été identifiées dans son contenu. L’hypothèse est qu’elle puisse participer aux échanges avec l’ovaire, notamment autour du développement des follicules, les petites structures qui abritent les ovocytes. [1]
La prudence tient surtout à l’âge et à l’espèce étudiés. Les trois régions persistent chez la souris adulte, mais cela ne signifie pas que le flux observé chez le souriceau fonctionne de la même façon toute la vie. Le rôle du rete dans les ovaires matures reste à préciser, et sa fonction dans la fertilité humaine n’est pas établie. [2]
Pour garder une image simple en tête, partez de l’ovaire et de son voisinage immédiat : le rete y associe des cordons internes, une connexion et une partie tubulaire externe dans le modèle souris. La trompe reste à part. Vous pouvez ainsi comprendre ce que montrent les schémas, sans confondre cette avancée anatomique avec une nouvelle réponse aux difficultés de fertilité.
Sources et références
- Anbarci et al. — Rediscovering the rete ovarii, a secreting auxiliary structure to the ovary — eLife, version de référence du 19 mars 2025
https://elifesciences.org/articles/96662 - Zhang et Zhang — Ovarian Biology: Revisiting the rete ovarii — eLife, 19 mars 2025
https://elifesciences.org/articles/106648 - Jha et al. — Cyst of rete ovarii: A case report — Clinical Case Reports, 2022
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9676129





