Aller au contenu

Léon XIV quitte l’hôpital 4 jours après son opération du poumon : pourquoi la récupération du souffle se poursuit après la sortie

Léon XIV est sorti de l’hôpital Gemelli le 17 octobre, après une opération du poumon. La kinésithérapie engagée pendant son séjour éclaire une distinction essentielle : pouvoir rentrer ne signifie pas avoir terminé sa récupération respiratoire et physique.

Relu par Antoine BOUQUET
Une femme assise et une professionnelle de santé illustrent un exercice de respiration dans un espace de rééducation.

La décision a été prise à partir des analyses de sang, de la radiographie du thorax et de l’évaluation clinique : le 17 octobre, les médecins ont jugé Léon XIV apte à quitter l’hôpital Gemelli. Opéré le 13 octobre pour un adénocarcinome, un cancer du poumon, il avait subi l’ablation du lobe inférieur droit par une technique vidéo-assistée. La sortie intervient 4 jours après l’opération. Ce délai décrit son hospitalisation, pas la durée nécessaire pour retrouver toutes ses capacités. [1, 2]

Un autre détail du suivi éclaire mieux la suite : le 16 octobre, alors que ses médecins signalaient une amélioration constante et une autonomie dans les activités quotidiennes, ils précisaient aussi que les séances de kinésithérapie respiratoire se poursuivaient. L’autonomie et la rééducation ne s’opposent donc pas. On peut déjà accomplir ses gestes habituels tout en ayant encore un travail de récupération devant soi. [3]

Sortir de l’hôpital et récupérer son souffle répondent à deux questions différentes

La sortie est une décision médicale prise à un moment donné. Dans le cas du pape, les examens et l’état clinique ont été appréciés ensemble. La récupération, elle, se construit dans la durée : elle concerne le fonctionnement respiratoire, mais aussi la capacité à bouger et à soutenir un effort.

En ce moment

C’est la distinction importante derrière cette actualité. Une date de départ est facile à retenir ; l’endurance ne se résume pas à une date. Les Cliniques universitaires Saint-Luc, dans leur brochure destinée aux personnes opérées du poumon, soulignent que la récupération des capacités respiratoires et physiques demande du temps et une participation active au traitement. Leur accompagnement ne s’arrête pas à la porte du service. [5]

À lire aussi :  Douleurs articulaires : quels compléments naturels sont efficaces ?
Sortie de l’hôpital et récupération après chirurgie pulmonaire : décision médicale d’un côté, exercices respiratoires et activité progressive de l’autre.
La décision de sortie et la récupération fonctionnelle n’ont pas le même objectif. Ces repères généraux ne décrivent pas un calendrier personnel. [2, 4, 5]

La kinésithérapie travaille la respiration, pas seulement la condition physique

Pourquoi des séances alors que la personne respire déjà seule ? Parce que l’objectif ne se limite pas à pouvoir inspirer et expirer. L’Institut national du cancer explique que la kinésithérapie respiratoire, commencée précocement après l’intervention, aide à récupérer la fonction respiratoire et à éviter l’encombrement des bronches par les sécrétions. Elle participe ainsi à la prévention des complications pulmonaires. [4]

Ce travail est adapté à la situation de départ et à la gestion de la douleur. L’INCa décrit des séances avec un professionnel, ainsi que des exercices respiratoires réalisés seul avec de petits appareils individuels mis à disposition pendant l’hospitalisation. Le matériel et les gestes servent un programme de soins : ce ne sont pas des épreuves à réussir ni une performance à comparer à celle d’un autre patient.

La poursuite de soins après la sortie fait partie de ce parcours. L’INCa indique que des séances peuvent être prescrites, généralement pendant le premier mois suivant l’opération. Ce repère ne fixe ni une durée obligatoire pour tous, ni une date de récupération complète. Les besoins et les modalités restent liés à l’état de la personne. [4]

La douleur et la fatigue comptent dans la progression

La rééducation ne consiste pas à demander toujours plus d’efforts. Après une chirurgie, des douleurs peuvent persister dans la zone opérée. L’INCa recommande de décrire ce que l’on ressent à l’équipe soignante pour adapter le traitement et de signaler sans tarder un soulagement insuffisant. Dans le même document, l’institut relie le rythme des séances respiratoires à l’état initial et à l’efficacité de cette prise en charge de la douleur. [4]

À lire aussi :  Gérer les effets secondaires des hormones au quotidien

La fatigue a elle aussi sa place dans l’organisation de l’activité. Les kinésithérapeutes de Saint-Luc encouragent le mouvement, notamment la marche quotidienne, tout en demandant de respecter la fatigue et les précautions liées à la cicatrisation. L’enjeu est donc une activité progressive compatible avec la récupération, et non le choix entre rester immobile et reprendre immédiatement son rythme d’avant. [5]

Illustration d’une femme marchant sur un chemin plat dans un jardin, avec un banc à proximité.
La marche peut accompagner la remise en mouvement, selon les consignes de l’équipe et la fatigue ressentie. [5]

Ces dimensions sont complémentaires, sans être interchangeables :

  • Le travail respiratoire vise la fonction respiratoire et la prévention de l’encombrement bronchique.
  • La remise en mouvement accompagne le retour des capacités physiques.
  • L’ajustement des soins tient compte de la douleur et de la tolérance aux activités.

Une activité retrouvée n’est pas encore une mesure de l’endurance

Pour Léon XIV, le bulletin du 16 octobre décrivait une autonomie dans les activités quotidiennes. C’est une information sur ce qu’il pouvait déjà faire à ce stade. Elle n’indique pas combien de temps il pouvait soutenir un effort, ni où en était sa récupération respiratoire complète. La reprise de certaines activités et la poursuite de la convalescence peuvent coexister. [3]

Pour les personnes opérées du poumon en général, la reprise ne se réduit d’ailleurs pas à une interdiction globale. L’INCa indique qu’une vie sociale et certaines activités peuvent reprendre dès la sortie, avec des conseils adaptés, et que le sport doit être ajusté, notamment au contrôle de la douleur. Le suivi consiste à relier ces possibilités à la situation réelle de la personne, plutôt qu’à faire de l’activité d’une personnalité publique un modèle à reproduire. [4]

La réadaptation cardio-pulmonaire décrite par Saint-Luc élargit ce travail aux capacités physiques et pulmonaires nécessaires à la vie courante. Elle donne une place à la remise en condition au-delà des seuls exercices respiratoires : pouvoir respirer au repos et retrouver de l’aisance en mouvement sont deux dimensions du rétablissement. [5]

À lire aussi :  Langue jaune : quel remède naturel pour une bouche saine ?

Sources et références
[1] Vatican News — À l’hôpital Gemelli, Léon XIV remercie les médecins et la foule https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-10/leon-xiv-sortie-de-l-hopital-gemelli-remerciements.html[2] Vatican News — Le Pape de retour au Vatican après sa sortie de l’hôpital https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-10/pape-analyses-sang-radiographie-thoracique-polyclinique-gemelli.html[3] Vatican News — Amélioration constante de l’état de santé de Léon XIV https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-10/pape-sante-convalescence-gemelli.html[4] Institut national du cancer — Après l’intervention https://www.cancer.fr/personnes-malades/les-cancers/poumon/traitements/chirurgie/apres-l-intervention[5] Cliniques universitaires Saint-Luc — Chirurgie pulmonaire : et après ? Kinésithérapie et réadaptation https://www.saintluc.be/sites/default/files/2021-07/COMMU-DSQ-471-chirurgie-pulmonaire-et-apres.pdf

Dans la même rubrique