Deux heures du matin, un grattement dans le mur, et le sommeil s’en va.
Souris ou rat ? Impossible de trancher à l’oreille. Je vous propose de croiser les indices et d’agir sans vous précipiter, surtout quand il fait froid.
Grattement dans le mur : souris ou rat, que vérifier ?
Aux premiers froids, un logement offre abri et nourriture. Les vides du placo, les gaines et l’isolation permettent de circuler à couvert : des souris dans les murs ou des souris dans le placo peuvent y passer inaperçues. Le calme nocturne rend leurs déplacements plus audibles. Un grattement dans les murs la nuit ne prouve toutefois ni la taille ni l’espèce.
Un grattement nocturne peut venir d’une souris, d’un rat, d’une fouine, d’un loir ou d’un élément du bâtiment qui travaille. Le bruit seul ne permet pas d’identifier l’animal avec certitude.
Pendant deux ou trois nuits, notez l’heure du bruit. Notez aussi l’endroit précis : mur, plafond ou pièce concernés.

Inspectez ensuite les zones voisines sans ouvrir la cloison : sous l’évier, derrière le réfrigérateur, près des plinthes, autour des tuyaux, dans les combles et le garage. Les points d’entrée se trouvent souvent autour des gaines, des canalisations, des portes, des tuiles ou des grilles mal ajustées.
Cherchez surtout ces indices dans la zone :
- Des crottes, à repérer au sol, sous les meubles ou le long des plinthes.
- Des matériaux déchiquetés, comme du carton, du papier ou de l’isolant.
- Des emballages mordillés, dans le garage ou les placards.
- Des traces sombres le long d’un mur, marques laissées par le passage répété des animaux.
- Une odeur persistante, qui s’intensifie souvent avec le temps.
Une souris laisse de petites déjections proches d’un grain de riz, tandis que celles d’un rat sont plus grandes et plus épaisses.
Évitez de toucher les déjections ou un animal mort à mains nues : aérez la zone, portez des gants pour nettoyer et lavez-vous soigneusement les mains.
Souris, rat ou fouine : le tableau qui aide à comparer
La fouine est un mustélidé, pas un rongeur. Souris et rat dans les murs ne sont pas exclusivement hivernaux ; la fouine non plus. Je reste prudent : plusieurs indices concordants orientent l’enquête, mais un professionnel doit confirmer l’identification en cas de doute.
Ce tableau vous aide à croiser plusieurs indices. Aucun bruit, pris seul, ne suffit à poser un diagnostic.
| Indice | Souris | Rat ou fouine |
|---|---|---|
| Déjections | Petites, fines, souvent proches d’un grain de riz | Rat : plus grandes et épaisses. Fouine : longues, parfois torsadées, avec des restes alimentaires |
| Bruits | Grattements légers, déplacements rapides, petits couinements possibles | Rat : chocs, courses ou grattements plus marqués. Fouine : bruits de course et de chute dans les combles |
| Zones à vérifier | Cuisine, arrière des appareils, plinthes, cloisons et faux plafonds | Rat : cave, garage, canalisations et murs. Fouine : grenier, toiture et combles |
| Autres traces | Petits passages dans les angles, emballages mordillés, matériaux souples déchiquetés | Rat : marques plus larges et traces grasses. Fouine : forte odeur et restes de poils, plumes ou fruits |
| Déplacements | Parcours nombreux et changeants, souvent le long des murs | Rat : trajet régulier. Fouine : passage fréquent par une ouverture en hauteur |
| Saisonnalité | Souris : possible toute l’année ; abri recherché lorsque le froid arrive | Rat : possible toute l’année, y compris en hiver. Fouine : combles utilisables toute l’année ; présence familiale possible au printemps et en été |
Une fouine laisse des déjections longues, parfois torsadées, avec souvent des restes alimentaires visibles. Dans un grenier, cette trace associée à une forte odeur indique plutôt une fouine qu’une souris.
Que faire immédiatement sans aggraver la situation ?
Nettoyer sans disperser les poussières
Ne balayez ni n’aspirez les déjections à sec. Aérez, portez des gants et un masque adapté, humidifiez avant essuyage et suivez la notice du désinfectant ; ne mélangez jamais les produits. Lavez-vous les mains ensuite. Santé Canada décrit ces précautions. Santé publique France rappelle que certains hantavirus se transmettent par les poussières contaminées de rongeurs infectés : cela ne signifie pas que chaque souris ou rat domestique est porteur.

La première mesure consiste à supprimer ce qui attire les rongeurs. Ne déplacez pas trop vite les matériaux qui leur servent de refuge. Rangez les aliments dans des boîtes fermées. Nettoyez les miettes. Fermez bien la poubelle.
Examinez aussi les passages de tuyaux et de câbles à la lampe. Notez les horaires des bruits. Vous pourrez ainsi les transmettre à un professionnel.
Ne bouchez pas une ouverture si un animal l’utilise peut-être encore. Vous risquez de l’enfermer dans la cloison, de le pousser vers une autre issue du logement ou de provoquer sa mort dans le mur.
Pourquoi les pièges et répulsifs ont leurs limites ?

Un piège mal placé ne sert à rien si vous ne connaissez pas le trajet de l’animal. Souris et rats longent souvent les murs, mais ils ne réagissent pas de la même façon à un objet nouveau sur leur passage.
Les rodenticides demandent beaucoup de prudence. Ne posez jamais un produit improvisé dans une cloison, derrière une prise ou dans un endroit inaccessible. Un animal mort dans le mur peut laisser une odeur durable.
Un produit posé hors de portée de vos yeux peut exposer les enfants, les animaux domestiques et la faune non ciblée.
L’ANSES rappelle, dans l’évaluation d’un rodenticide anticoagulant, les risques pour la faune non ciblée et la nécessité de tenir le produit hors de portée des enfants et animaux.
Si un traitement devient nécessaire, il s’intègre à une lutte globale :
- Identifier l’espèce et les lieux d’activité.
- Retirer les sources de nourriture accessibles.
- Respecter strictement les conditions indiquées sur l’étiquette du produit.
- Retirer les cadavres avec des protections adaptées.
N’utilisez ni piège ni poison contre une fouine. Son identification demande une autre approche, et la fermeture de l’accès ne doit intervenir qu’après sa sortie.
Quand appeler un professionnel pour un grattement ?
Face à une activité persistante dans une paroi inaccessible, un dératiseur pour souris peut rechercher les accès et organiser une réponse adaptée, après confirmation de l’espèce. Demandez un diagnostic et un suivi, pas seulement la pose d’un produit.
Appelez un professionnel dans les cas suivants :
- le bruit revient chaque nuit
- vous trouvez des déjections dans plusieurs pièces
- l’animal semble circuler dans une cloison inaccessible
- des fils électriques sont mordillés
L’inspection doit prévoir un plan d’action. Ne fermez pas une sortie en urgence, car l’animal pourrait rester coincé. Un suivi après l’intervention permet de vérifier que l’activité a bien cessé.

Dans un immeuble, prévenez vite le propriétaire, le syndic ou le bailleur. Un logement loué doit être exempt d’animaux nuisibles, notamment de rats. Si le problème persiste, signalez-le par écrit.
Comment dormir malgré les bruits nocturnes ?

Un bruit répété devient anxiogène lorsqu’il reste impossible à localiser.
Un bruit répété peut devenir anxiogène lorsqu’il reste difficile à localiser. Pendant quelques nuits, éloignez le lit du mur concerné ou dormez dans une autre pièce si vous le pouvez. Gardez une routine calme : je préfère préparer les vérifications du matin plutôt que chercher l’animal au milieu de la nuit.
Le matin, à la lumière, vérifiez les pièces voisines et notez l’heure de début et de fin du bruit.
Ce qu’il faut noter le matin
- Notez l’heure de début du bruit.
- Notez l’heure de fin du bruit.
- Repérez les pièces voisines du mur concerné.
N’ouvrez pas la cloison au milieu de la nuit : vous risquez d’endommager le mur, de toucher une canalisation ou de créer une fuite d’air vers le logement.
En cas d’odeur de brûlé ou de câble visiblement abîmé, coupez le circuit concerné uniquement si vous pouvez le faire sans danger et appelez un électricien.
Comment prévenir une nouvelle intrusion avant l’hiver prochain ?
Si les accès ou l’espèce restent incertains, renseignez-vous sur un traitement contre les souris près de chez vous pour faire inspecter les lieux. Le colmatage définitif vient après confirmation de la sortie ou traitement ; il ne doit ni enfermer l’animal ou ses jeunes, ni bloquer la ventilation.

La prévention commence par un tour complet du bâtiment, idéalement avant les périodes froides : bas de portes, grilles, conduits, murs extérieurs, gouttières, tuiles et jonctions autour des canalisations.
Conservez aliments et déchets dans des contenants fermés, limitez les amas de bois ou de cartons contre les murs et gardez caves et garages dégagés.
Avant l’hiver prochain, prévoyez ces contrôles :
- Juin à août : repérer les trous, fissures et grilles déformées.
- Septembre : contrôler le toit, les combles, les caves et les gaines.
- Avant les premières nuits froides : réparer les accès dont l’usage n’est plus actif.
Si les grattements persistent malgré ces vérifications, n’attendez pas qu’ils s’installent. Appelez un professionnel dès que le bruit revient chaque nuit, et transmettez-lui vos notes d’horaires et d’emplacements, qui lui feront gagner du temps.
Foire aux questions
Où se cachent les rats pendant la journée ?
Les rats restent dans des endroits calmes, sombres et proches d’une source d’eau ou de nourriture. Chez vous, regardez en priorité la cave, le garage, les espaces derrière les cloisons, les gaines et les zones peu fréquentées. Si vous trouvez des traces dans un de ces lieux, c’est probablement là qu’ils se reposent.
Où se cachent les souris pendant la journée ?
Les souris se dissimulent derrière les appareils électroménagers, sous les meubles, dans les doublages et les faux plafonds. Les espaces qui contiennent du papier ou du textile les attirent particulièrement. Comme elles longent les murs, examinez d’abord les bords de pièce plutôt que le milieu.
Une bête qui gratte dans les murs : que faire ?
Un rat installé dans une cloison ne se retire pas par un geste maison. Faites d’abord repérer son point d’entrée et le trajet qu’il emprunte, puis retirez les sources de nourriture accessibles. Un professionnel organise ensuite le traitement, sans enfermer l’animal et sans laisser de produit dangereux dans la paroi.
Comment savoir si les bruits viennent d’un animal ou du bâtiment ?
Un bruit venant du bâtiment suit en général les variations de température, le démarrage du chauffage ou la circulation de l’eau dans les canalisations. Un bruit d’animal se répète plutôt à peu près aux mêmes heures, sans lien avec ces variations. Notez-le sur plusieurs nuits : une régularité qui ne correspond à aucun chauffage ni à aucune canalisation pointe plutôt vers un animal.





