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En Belgique, le budget santé 2027 reste sans accord : pourquoi le temps d’échange entre soignants compte pour les soins psychiques

Le 19 octobre, l’abstention du gouvernement a empêché l’approbation du budget belge des soins pour 2027. Les priorités antérieures des psychiatres ambulatoires éclairent un enjeu concret : soutenir aussi le temps de concertation entre soignants.

Relu par Antoine BOUQUET
Composition illustrée autour du travail d’équipe et du financement des soins.

Le budget belge des soins de santé pour 2027 n’a pas franchi l’étape du Conseil général de l’INAMI le 19 octobre 2026. Une majorité des membres soutenait la proposition, mais les représentants du gouvernement se sont tous abstenus. Leur accord unanime était nécessaire. Le dossier passe donc au Conseil des ministres. [1]

Pour la santé mentale, cette séquence remet en lumière une question moins visible qu’un tarif de consultation : comment financer le temps que les soignants passent à travailler ensemble ? Les priorités publiées auparavant par la Fédération belge de psychiatrie ambulatoire, la BFAP, éclairent cet enjeu. Elles portent notamment sur la rémunération des échanges entre psychiatres, généralistes et psychologues cliniciens. Ce sont des demandes professionnelles antérieures au vote, pas des mesures adoptées le 19 octobre. [2]

Un accord entre acteurs du soin n’est pas encore un budget approuvé

L’INAMI, l’organisme belge qui gère l’assurance soins de santé et indemnités, distingue deux étapes dans cette procédure. Le 5 octobre, son Comité de l’assurance avait approuvé une proposition d’objectif budgétaire global et de répartition entre secteurs. Le 19 octobre, le Conseil général devait se prononcer à son tour. Cette seconde instance réunit notamment organismes assureurs, employeurs, travailleurs salariés et représentants du gouvernement. [1]

En ce moment

Le résultat n’est donc ni une adoption du budget ni un vote unanime contre le projet. L’abstention de la délégation gouvernementale a empêché l’approbation malgré le soutien majoritaire. Le Conseil des ministres doit désormais fixer le budget et les objectifs, sur proposition du ministre des Affaires sociales et de la Santé publique.

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Trois étapes du budget belge 2027 : proposition le 5 octobre, absence d’approbation le 19 octobre, décision attendue du Conseil des ministres.
La proposition du Comité de l’assurance et la décision budgétaire finale relèvent de deux étapes distinctes. [1]

En psychiatrie ambulatoire, la consultation ne résume pas tout le travail

La psychiatrie ambulatoire désigne ici les soins assurés en dehors d’une hospitalisation, notamment dans des cabinets et des structures de consultation. Dans ses priorités mises en ligne en janvier 2026 et mises à jour en mars, la BFAP demande un soutien durable à cette organisation des soins. Elle défend à la fois l’accès à des soins psychiatriques et psychothérapeutiques, une rémunération adaptée et une place structurelle des psychiatres ambulatoires dans les instances de coordination. [2]

Son point consacré aux soins collaboratifs vise explicitement la rémunération de la concertation entre psychiatres, médecins généralistes et psychologues cliniciens. La fédération demande aussi de soutenir les pratiques par la présence de psychologues, de travailleurs sociaux et d’infirmiers, ainsi que par une aide administrative.

Ces demandes déplacent la question budgétaire. Compter les consultations décrit une partie de l’activité. Organiser une prise en charge collective pose aussi la question des ressources consacrées aux échanges et à l’appui de l’équipe. La coordination n’est pas seulement une formule de bonne volonté : lorsqu’une organisation veut lui donner une place durable, elle doit préciser qui y participe et comment ce travail est soutenu.

Trois demandes qui concernent l’organisation des soins

Les priorités de la BFAP permettent de distinguer plusieurs leviers, sans les confondre avec une nouvelle enveloppe déjà accordée : [2]

  • Rémunérer la concertation entre les professionnels concernés, plutôt que laisser cette activité hors du débat sur le financement.
  • Soutenir les équipes ambulatoires, avec des métiers complémentaires et un appui administratif, au-delà du seul temps du psychiatre.
  • Associer les psychiatres ambulatoires aux réseaux et aux instances de concertation, afin qu’ils participent à l’organisation des parcours.
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Ce ne sont pas trois façons de demander la même chose. La première concerne le temps de travail partagé, la deuxième les moyens d’une pratique, la troisième la participation aux décisions d’organisation. Les réunir sous le seul mot « coordination » ferait perdre ce qui doit précisément être financé ou organisé.

Des professionnels réunis autour d’un document de travail dans un bureau de soins.
La BFAP place les échanges entre métiers et le soutien aux équipes parmi ses priorités pour la psychiatrie ambulatoire. [2]

Les arbitrages annuels et la visibilité à plus long terme

Le débat du 19 octobre porte sur l’ensemble des soins de santé belges. Le Collège intermutualiste indique que la proposition mise en suspens comportait 141,5 millions d’euros d’économies. Ce montant décrit le projet global : il ne correspond ni à un financement attribué à la santé mentale ni à une réduction déjà appliquée à ses soins. Les mutualités défendent leur compromis et souhaitent que le gouvernement s’en rapproche. [3]

Pour comprendre l’enjeu des équipes, il faut donc distinguer le contenu du budget annuel et la stabilité d’une organisation. Une décision sur les montants de 2027 ne répondrait à la demande de travail collectif qu’à travers les modalités effectivement retenues pour celui-ci. Le vote du 19 octobre, à lui seul, ne crée aucune nouvelle rémunération de la concertation.

Les prestataires, les institutions de soins et les mutuelles avaient également annoncé, le 5 octobre, leur engagement à préparer un plan pluriannuel d’ici fin mai 2027. Leur communiqué mentionne notamment la prévention et l’amélioration de la prescription. Cette échéance correspond à l’élaboration annoncée d’un plan, distincte de la fixation du budget annuel désormais attendue du Conseil des ministres. [4]

Sources et références

Sources

  1. La proposition budgétaire sur les soins de santé 2027 n’a pas été approuvée par le Conseil général de l’INAMI
    https://www.inami.fgov.be/fr/actualites/la-proposition-budgetaire-sur-les-soins-de-sante-2027-n-a-pas-ete-approuvee-par-le-conseil-general-de-l-inami
  2. Beleidsprioriteiten — contexte publié en janvier 2026, mis à jour en mars 2026
    https://bfap-fbpa.org/onze-5-speerpunten/
  3. Budget de la santé 2027 : Absence de décision en raison de l'abstention du gouvernement
    https://mutualites-libres.prezly.com/budget-de-la-sante-2027-absence-de-decision-en-raison-de-labstention-du-gouvernement
  4. Les prestataires de soins, les institutions de soins et les mutuelles parviennent à un accord sur la proposition de budget pour les soins de santé en 2027
    https://mutualites-libres.prezly.com/les-prestataires-de-soins-les-institutions-de-soins-et-les-mutuelles-parviennent-a-un-accord-sur-la-proposition-de-budget-pour-les-soins-de-sante-en-2027

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