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60 Millions épingle des remèdes sans ordonnance : pourquoi demander conseil avant de choisir votre prochaine boîte

Une enquête sur plus de 100 produits d’automédication remet en question le réflexe d’acheter une boîte familière. Rhume, douleur ou gêne digestive : le conseil du pharmacien aide à choisir, mais aussi à reconnaître quand une consultation est préférable.

Relu par Antoine BOUQUET
Conseil au comptoir d’une pharmacie pour choisir un remède sans ordonnance.

Le nez qui coule, une gorge qui gratte, une douleur que vous pensez reconnaître… Devant le rayon de la pharmacie, on cherche surtout de quoi aller mieux. Une boîte familière ou la mention « à base de plantes » peut alors rassurer. Pourtant, un symptôme courant ne suffit pas à choisir un produit adapté. L’enquête publiée le 17 septembre par 60 Millions de consommateurs rappelle pourquoi le passage au comptoir mérite quelques questions, même sans ordonnance. [1]

Ce que l’enquête change devant le rayon

Le magazine a étudié la composition de plus de 100 médicaments, compléments alimentaires et dispositifs médicaux, dont 90 sont présentés en fiches. Avec des professionnels de santé spécialisés, il a examiné les ingrédients, leur dosage, les promesses des emballages et les mises en garde des notices. Il ne s’agit donc pas d’un essai clinique dans lequel des patients auraient reçu chaque produit pour mesurer leur soulagement. [1]

Dans cette sélection, 15 % reçoivent un feu vert. Ce classement combine l’efficacité, les effets indésirables au regard du bénéfice et la clarté de la notice. Ce n’est pas un taux de réussite chez les patients, ni une mesure de tous les médicaments vendus en France. Les 35 produits jugés problématiques le sont pour des raisons différentes : bénéfice insuffisant, risques disproportionnés, dosage de certains ingrédients ou précautions d’emploi incomplètes, notamment.

Pour vous, la bonne question n’est donc pas seulement « est-ce que ça marche ? ». C’est aussi « pour quel problème, chez qui, et avec quelles précautions ? ». Un produit peut avoir un effet utile tout en ne convenant pas à votre situation. Et une notice difficile à interpréter mérite une explication plutôt qu’une lecture rapide entre deux achats.

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Lecture d’une notice dépliée sur une table à la maison.

Rhume, plantes, compléments : ne pas confondre promesse et besoin

Un rhume donne facilement envie d’ajouter plusieurs produits au panier : un spray, des pastilles, puis un complément pour les défenses immunitaires. Dans son enquête, 60 Millions relève notamment la présence d’huiles essentielles irritantes dans un spray nasal et des précautions insuffisantes dans certains autres produits. Cela ne permet pas de condamner tous les sprays ou tous les compléments. Mais « naturel » ne signifie pas « sans risque ». [1]

Demandez quel symptôme le produit vise réellement et quel bénéfice vous pouvez en attendre. Une promesse liée à l’immunité n’équivaut pas à la garantie d’éviter les rhumes. Notre décryptage sur la vitamine C explique ainsi pourquoi un effet sur la durée des symptômes et une protection contre l’infection sont deux questions différentes.

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Au comptoir, raconter le symptôme avant de demander une boîte

Plutôt que de commencer par un nom de marque, expliquez depuis quand la gêne est présente, comment elle évolue et ce que vous avez déjà pris. Signalez vos traitements habituels, mais aussi les compléments alimentaires : l’Assurance Maladie rappelle qu’ils peuvent interagir avec des médicaments. Mentionnez également vos allergies, une maladie chronique, une grossesse ou un allaitement. Ces informations permettent au pharmacien d’apprécier si le produit demandé vous convient. [3]

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Avant de repartir, faites préciser la dose, l’intervalle entre les prises et la durée maximale d’utilisation. L’Assurance Maladie recommande de ne prendre qu’un médicament à la fois et de ne pas le cumuler avec d’autres traitements sans conseil. N’augmentez pas les doses pour obtenir un effet plus rapide. Conservez la notice : elle sert aussi à savoir quand ne plus poursuivre l’automédication. [3]

Avant de choisir un produit : décrire les symptômes, signaler toutes les prises et savoir quand consulter.
Consulter si les symptômes s’aggravent, changent ou persistent au-delà de la durée maximale du traitement. Repères : Assurance Maladie.

Les 33 molécules demandées ne sont pas une nouvelle liste d’achats

Dans un communiqué du 23 septembre, les syndicats de pharmaciens FSPF et USPO, avec NèreS, qui représente les laboratoires de produits de premier recours, proposent de rendre 33 molécules accessibles sans ordonnance, sous conseil pharmaceutique. Ils prévoient des critères de délivrance et une orientation vers le médecin lorsque la situation le nécessite. Il s’agit d’une proposition soumise à l’ANSM, pas d’une autorisation acquise. [2]

Cette liste n’est pas celle des produits examinés par 60 Millions. Elle porte sur les conditions d’accès à des traitements, tandis que l’enquête analyse une sélection déjà commercialisée. Un exemple rend la distinction concrète : le communiqué envisage la benzocaïne par voie locale pour une douleur dentaire, dans l’attente du dentiste. Soulager n’est pas remplacer la consultation. Et « sans ordonnance » ne veut pas nécessairement dire « à prendre soi-même dans le rayon ».

Quand le bon choix devient une consultation

Une gêne familière peut avoir une autre cause que celle que vous imaginez. L’Assurance Maladie rappelle le risque d’erreur d’autodiagnostic et de consultation retardée. Si les symptômes s’aggravent, se modifient ou persistent au-delà de la durée maximale du traitement, consultez. Ne prolongez pas simplement les prises et ne remplacez pas le premier produit par un autre en espérant contourner le problème. Ces repères ne constituent pas une liste exhaustive des situations nécessitant un avis médical. [3]

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Pour un enfant, ne transposez pas vos habitudes d’adulte. L’Assurance Maladie déconseille l’automédication chez les enfants. En cas de vomissements ou de diarrhée, demandez un avis médical plutôt que de chercher vous-même un médicament pour arrêter les symptômes. Notre article consacré aux enfants malades après un repas explique les repères de réhydratation et de consultation propres à cette situation. [3]

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Au prochain passage à la pharmacie, vous n’avez donc pas besoin d’arriver avec la solution déjà choisie. Décrire votre problème et vos traitements est plus utile que réclamer une boîte par réflexe. Le conseil peut aboutir à un produit adapté, mais aussi à la conclusion qu’il vaut mieux consulter. Dans les deux cas, l’objectif reste de vous soulager sans laisser un achat retarder les soins nécessaires.

Sources et références
  1. 60 Millions de consommateurs — Sophie Coisne, enquête sur les produits d’automédication, 17 septembre 2026. Analyse de la composition, des messages des emballages et des notices.
    https://www.60millions-mag.com/sante-bien-etre/article/automedication-trop-dindesirables-parmi-les-100-produits-etudies-20260917/
  2. FSPF, USPO et NèreS — « Face aux difficultés d’accès aux soins, les pharmaciens veulent faire plus pour les Français », communiqué du 23 septembre 2026, publié par l’USPO.
    https://uspo.fr/156664-2/
  3. Assurance Maladie — « Se soigner seul avec l’automédication », 11 septembre 2025.
    https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/utiliser-recycler-medicaments/automedication

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