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Alzheimer : après l’annonce de l’Université de Montréal, quels leviers concrets pour prendre soin de son cerveau ?

L’annonce de l’Université de Montréal du 5 octobre relance la question de la prévention du cerveau. Audition, vision, santé vasculaire et liens sociaux offrent des pistes concrètes. Les 45 % de démences potentiellement évitées ou retardées restent une estimation collective, pas votre score personnel.

Relu par Antoine BOUQUET
Trois adultes échangent à une terrasse, une femme de profil porte des lunettes.

Une conversation devient difficile à suivre dans le bruit, les lunettes ne semblent plus aussi adaptées, un contrôle de tension attend depuis des mois. Quand on parle de prévention du cerveau, on pense volontiers aux exercices de mémoire. Pourtant, entendre, voir et prendre soin de ses vaisseaux font aussi partie des leviers à regarder.

Le 5 octobre 2026, l’Université de Montréal a annoncé une nouvelle étape pour Santé Cerveau PRO : 14 partenaires au Canada commencent à proposer ce programme éducatif à leurs publics. Destiné aux adultes de 50 ans et plus présentant un risque accru de déclin cognitif, il cherche à faciliter le passage des connaissances aux changements du quotidien. Son implantation est à l’étude, elle n’a pas encore démontré une prévention des démences en conditions réelles. [1]

Cette annonce remet une question très concrète sur la table : par où commencer, sans vouloir tout changer à la fois ni transformer un pourcentage en pronostic personnel ?

Les 45 % donnent une perspective collective, pas votre risque

La commission du Lancet a estimé en 2024 qu’agir sur 14 facteurs modifiables, tout au long de la vie, pourrait éviter ou retarder environ 45 % des cas de démence. La démence désigne ici plusieurs maladies qui altèrent les capacités cognitives et l’autonomie, pas seulement la maladie d’Alzheimer. Ce chiffre représente un potentiel à l’échelle d’une population. [2]

Il ne signifie donc pas que vous pouvez réduire votre risque personnel de 45 % en appliquant une liste de bonnes habitudes. L’estimation suppose de réduire les facteurs étudiés et repose notamment sur des liens observés entre ces facteurs et la démence, dont certains ne sont que partiellement causaux. Elle ne garantit pas qu’une personne donnée évitera la maladie.

Il serait tout aussi trompeur d’additionner des « points gagnés » grâce à l’audition, au cholestérol ou à la vie sociale : ces facteurs se recoupent. L’intérêt du chiffre est ailleurs. Il rappelle que la prévention ne se limite pas à entraîner sa mémoire, et qu’une partie des actions dépend aussi de l’accès aux soins, de l’environnement et des conditions de vie.

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Faire le point sur les vaisseaux, même quand tout semble aller bien

La santé vasculaire concerne les vaisseaux qui transportent le sang, y compris vers le cerveau. L’hypertension, le diabète et un taux élevé de cholestérol LDL, souvent appelé « mauvais cholestérol », figurent parmi les facteurs retenus par la commission. Le LDL élevé a été ajouté à sa synthèse de 2024, avec la perte de vision non traitée. [3]

Si vous avez déjà un suivi pour l’un de ces problèmes, la première démarche peut être simplement de le reprendre là où il en est : quels résultats sont disponibles, quels objectifs ont été fixés, quand faut-il refaire le point ? Si vous n’avez pas de suivi, un échange avec votre médecin permet de décider des contrôles utiles selon votre situation. Il ne s’agit pas de commander une batterie d’analyses identique pour tout le monde.

Vous pouvez préparer ce rendez-vous avec vos anciens bilans, vos traitements et les questions restées en suspens. La prévention du cerveau rejoint alors des soins très ordinaires : repérer un risque et organiser son suivi, plutôt que chercher un examen qui résumerait à lui seul votre avenir cognitif.

Une patiente échange avec une professionnelle de santé autour d’un plan de prévention.

Ne pas laisser l’audition et la vision au second plan

Vous faites répéter plus souvent ou vous renoncez aux conversations de groupe parce qu’elles demandent trop d’efforts ? Une gêne auditive mérite d’être évaluée. Même chose si une baisse de vision complique la lecture ou les activités habituelles. La commission recommande de rendre accessibles les aides auditives et la prise en charge de la vision, et de limiter l’exposition aux bruits nocifs. [3]

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Le point de départ est de comprendre la difficulté, puis d’envisager la correction adaptée. Des lunettes ne répondent pas à toutes les causes de baisse visuelle, pas plus qu’un appareil auditif ne se choisit sans bilan ni accompagnement. Si vous êtes déjà équipé, signalez ce qui reste gênant au professionnel qui assure votre suivi.

Les résultats sur la cognition demandent aussi de garder la bonne mesure. Dans un grand essai sur les aides auditives, le bénéfice cognitif n’était pas le même pour tous : un effet favorable a été observé dans le groupe le plus exposé aux risques, sans différence significative pour l’ensemble des participants. Un appareillage n’est pas une garantie contre la démence. Son intérêt quotidien reste de mieux communiquer lorsque la perte d’audition le justifie. [2]

Pour le lien social, chercher une occasion qui revient

L’isolement social fait lui aussi partie des facteurs retenus. Pour agir, inutile de se fixer un nombre idéal d’amis ou de remplir chaque jour son agenda. Une question plus simple aide à commencer : quelle rencontre auriez-vous plaisir à retrouver régulièrement ? Un café avec un voisin, une activité associative ou un atelier peuvent offrir cette occasion.

Le choix doit vous ressembler. Si les déplacements sont difficiles, un contact à distance peut être une première possibilité. Si une gêne auditive freine les échanges, prévoyez un lieu calme et parlez de cette difficulté. Les leviers se rejoignent dans la vie quotidienne.

Les études sur les activités sociales restent trop limitées pour établir leur effet sur l’apparition des démences. La commission encourage des environnements qui facilitent les contacts, ce qui engage aussi les collectivités, les lieux de vie et les services de proximité. [2]

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Choisir une première action réalisable

Vous pouvez partir de ce qui manque aujourd’hui, plutôt que du facteur auquel un graphique attribue le plus grand pourcentage. Un suivi interrompu, une gêne sensorielle ou des occasions de rencontre devenues rares sont des points de départ différents. L’ordre ci-dessous n’est pas un classement médical : les priorités sont à adapter à votre situation.

Quatre repères pour la prévention du cerveau : suivi vasculaire, audition, vision et occasions de rencontre, sans score personnel.
Le LDL est le cholestérol souvent appelé « mauvais cholestérol ». Ces repères ne constituent pas un classement des risques.

Pour préparer un échange avec un professionnel ou une première démarche, gardez quatre questions simples :

  • Vaisseaux : mon suivi de tension, de diabète ou de cholestérol est-il clair et à jour ?
  • Audition : une gêne rend-elle les conversations plus difficiles ?
  • Vision : une baisse me limite-t-elle dans mes activités habituelles ?
  • Liens sociaux : quelle occasion de rencontre pourrais-je remettre dans mon quotidien ?

Ces questions ne couvrent pas tous les facteurs de prévention. L’activité physique, le tabac ou la consommation excessive d’alcool ont aussi leur place. Elles permettent surtout de trouver une entrée concrète, avec l’accompagnement nécessaire, sans attendre d’avoir un mode de vie parfait.

Comment garder le lien social quand on est sénior ?

La prévention du cerveau peut commencer par une difficulté précise et une suite clairement identifiée : un rendez-vous pris, un suivi repris ou une rencontre organisée. Le chiffre de 45 % décrit une possibilité collective. Votre première étape, elle, n’a pas besoin d’un score pour être utile.

Sources et références
  1. Université de Montréal — Prévenir le déclin cognitif grâce à un programme en ligne, 5 octobre 2026
    https://nouvelles.umontreal.ca/article/2026/10/05/prevenir-le-declin-cognitif-grace-a-un-programme-en-ligne
  2. Livingston et al. — Dementia prevention, intervention, and care: 2024 report of the Lancet standing Commission. The Lancet, 2024
    https://www.repository.cam.ac.uk/items/6ccc856e-0838-46c2-9c78-dbb86ba2dbe3
  3. UCL — Nearly half of dementia cases could be prevented or delayed by tackling 14 risk factors, 31 juillet 2024
    https://www.ucl.ac.uk/news/2024/jul/nearly-half-dementia-cases-could-be-prevented-or-delayed-tackling-14-risk-factors

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