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Furosémide : l’ANSM demande de libérer des réserves, pourquoi cela ne garantit pas une boîte dans chaque pharmacie

Dans son annonce du 6 octobre 2026, l’ANSM demande de mobiliser des stocks de sécurité de furosémide et de privilégier les grossistes-répartiteurs. Libérer des réserves, les répartir et disposer d’une boîte au comptoir sont pourtant trois étapes différentes.

Relu par Antoine BOUQUET
Boîte de furosémide au premier plan et pharmacien au visage très inquiet, dans une scène illustrative en pharmacie.

Mettre plus de boîtes sur le marché ne suffit pas à dire où elles seront disponibles. C’est tout l’enjeu des mesures annoncées le 6 octobre 2026 par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) face aux tensions sur les comprimés de furosémide de 20 mg et 40 mg : l’agence demande à la fois de mobiliser des réserves et de modifier la façon de distribuer les médicaments. [1]

Ces deux leviers répondent à deux problèmes différents : disposer de médicaments à l’échelle du pays, puis les faire parvenir aux pharmacies. La quantité nationale, sa répartition et la présence d’une boîte au comptoir ne sont pas une seule et même information. Lire l’annonce comme une promesse de disponibilité partout ferait disparaître cette distinction.

Les stocks de sécurité sont une réserve, pas une livraison

Le furosémide est un diurétique : il aide le corps à éliminer l’excès d’eau et de sel. Dans son annonce, l’ANSM explique que des difficultés de production chez Viatris, puis chez Zentiva, pèsent sur l’approvisionnement. D’autres laboratoires compensent depuis plusieurs mois le défaut d’approvisionnement de Viatris. L’agence leur demande de mettre le maximum de boîtes en circulation, notamment en puisant dans leurs stocks de sécurité. [1]

Ce terme désigne une réserve de médicaments conservée pour faire face à des difficultés d’approvisionnement. La mobiliser revient à remettre des boîtes dans le circuit plutôt qu’à les garder en réserve. Cela agit sur les quantités accessibles à la distribution, sans résoudre en soi les difficultés de production qui ont conduit à y recourir.

L’annonce ne chiffre ni les volumes ainsi mobilisables ni les boîtes déjà reçues par les pharmacies. Elle formule une demande aux laboratoires : un stock sollicité n’est pas encore un arrivage constaté au comptoir.

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Schéma des mesures demandées par l’ANSM le 6 octobre 2026 : mobiliser les réserves des laboratoires et privilégier les grossistes pour approvisionner les pharmacies.
Le circuit visé par les mesures du 6 octobre 2026 : mobiliser les réserves et privilégier les grossistes-répartiteurs. Ce schéma décrit les demandes de l’ANSM, pas des livraisons constatées.

Privilégier les grossistes pour mieux répartir les boîtes

L’autre volet concerne le trajet des médicaments. Une vente directe relie le laboratoire à une pharmacie. Le circuit des grossistes-répartiteurs passe par des intermédiaires qui approvisionnent les officines, c’est-à-dire les pharmacies de ville. L’ANSM demande aux laboratoires de limiter les ventes directes et de privilégier ce second circuit pour assurer une répartition équitable sur le territoire. Elle ne présente pas cette limitation comme une interdiction de toute vente directe. [1]

Pourquoi intervenir aussi sur le circuit ? Parce que la question n’est pas seulement de libérer davantage de boîtes, mais d’organiser leur accès au-delà d’une relation directe entre un fabricant et une pharmacie. Le choix des grossistes donne à la mesure une portée de répartition nationale. L’équité est ici l’objectif annoncé ; le communiqué ne fournit pas de bilan permettant de mesurer le résultat dans chaque territoire.

Pour la personne dont le renouvellement approche, cette explication logistique ne remplace pas l’échange avec la pharmacie. Le guide ci-dessous porte sur cette autre question : préparer la prochaine délivrance et la coordination avec le prescripteur.

Trois niveaux à distinguer pour comprendre la disponibilité

Une annonce nationale et une réponse donnée au comptoir peuvent donc décrire des étapes différentes. Pour comprendre de quelle disponibilité il est question, il faut séparer :

  • Les quantités mises en circulation : les boîtes que les laboratoires rendent accessibles au circuit de distribution.
  • La répartition par les grossistes : l’étape qui organise l’approvisionnement des pharmacies à partir de ces quantités.
  • La disponibilité locale : la présence de la présentation recherchée dans une pharmacie donnée.
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La demande de mobilisation porte sur le premier niveau, la priorité donnée aux grossistes sur le deuxième. Pour le troisième, les documents de l’ANSM cités ici ne donnent ni inventaire par officine ni délai de livraison. Ils ne permettent donc pas de déduire quand une pharmacie précise pourra délivrer une boîte.

Préparation de bacs de transport de médicaments dans une scène illustrative de distribution en gros.
Scène illustrative de préparation de commandes chez un distributeur de médicaments, sans représenter un stock ni une livraison documentés de furosémide.

Garder les boîtes en France et chercher des approvisionnements ailleurs

Une autre mesure vise à préserver les stocks disponibles sur le territoire. La fiche de disponibilité publiée le 21 septembre et mise à jour le 28 septembre 2026 indique que la vente et l’exportation de ces médicaments par les grossistes-répartiteurs vers l’étranger sont interdites. Elle précise que l’interdiction de vente hors du territoire national, ou aux distributeurs en gros à l’exportation, doit être respectée jusqu’au retour d’un approvisionnement normal. [2]

Cette mesure agit sur la destination des boîtes déjà disponibles : elle vise à les préserver pour le marché français. Elle ne crée pas de production supplémentaire. C’est une logique différente de celle des importations, qui chercheraient au contraire à apporter des médicaments depuis l’étranger.

Sur ce point, l’annonce du 6 octobre demande aux laboratoires concernés par les difficultés d’identifier des pistes d’importation de médicaments équivalents. Le stade décrit est celui de la recherche de solutions : l’annonce ne fait état ni de lots importés arrivés en France ni d’une date de distribution de ces médicaments. [1]

Avril 2027 n’est pas une date de retour général

Le calendrier industriel reste lui aussi distinct de la répartition. Dans son point du 6 octobre, l’ANSM indique que la normalisation des approvisionnements de Viatris n’est pas attendue avant avril 2027. Cette indication concerne ce laboratoire, pas une fin garantie des tensions pour toutes les marques ni une date à laquelle il faudrait attendre pour obtenir une boîte. [1]

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À la date de cette annonce, la remise à disposition des médicaments de Zentiva reste sans échéance connue. La fiche mise à jour le 28 septembre mentionne, pour sa part, une date de remise à disposition indéterminée. L’ANSM prévoit de relayer les nouvelles dates lorsqu’elles lui seront fournies par les industriels. [1] [2]

Sources et références
  1. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Point de situation sur les tensions en furosémide 20 mg et 40 mg comprimés ». Publié le 6 octobre 2026. https://ansm.sante.fr/actualites/point-de-situation-sur-les-tensions-en-furosemide-20-mg-et-40-mg-comprimes
  2. ANSM. « Spécialités à base de furosémide 20 mg et 40 mg en comprimés ». Fiche publiée le 21 septembre 2026, mise à jour le 28 septembre 2026. https://ansm.sante.fr/disponibilites-des-produits-de-sante/medicaments/specialites-a-base-de-furosemide-20-mg-et-40-mg-en-comprimes-furosemide

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