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Arthrose du genou : six séances de rayons ont soulagé davantage de patients, mais pour combien de temps ?

Un essai coréen rapporte davantage de patients améliorés à quatre mois avec une radiothérapie à faible dose qu’avec une procédure simulée. L’avantage n’est plus statistiquement significatif à douze mois, sans preuve de réparation du cartilage.

Relu par Antoine BOUQUET
Discussion en consultation sur la prise en charge d’un genou douloureux.

Six séances pour un genou douloureux : la proposition peut surprendre lorsque l’on associe surtout la radiothérapie au traitement du cancer. À faible dose, cette technique est aussi étudiée pour l’arthrose. Un essai publié le 2 octobre 2026 dans BMC Medicine relance la question avec un résultat favorable à quatre mois.

Le point intéressant n’est pas seulement que certains participants se sentent mieux. C’est qu’ils ont été comparés à des personnes installées pour une irradiation simulée. La différence observée mérite donc l’attention, tout en restant un bénéfice limité dans le temps dans cet essai.

Pourquoi utiliser des rayons pour une articulation douloureuse ?

L’objectif recherché avec la radiothérapie à faible dose est d’agir sur les mécanismes inflammatoires associés à la douleur. La dose et l’intention du traitement sont différentes de celles de nombreux protocoles anticancéreux. Cela ne transforme pourtant pas les rayons en un soin anodin : il s’agit toujours de rayonnements ionisants.

Ce traitement ne consiste ni en une infiltration ni en une opération. Il est délivré depuis une machine extérieure. Dans l’essai coréen, les chercheurs ont évalué deux doses totales, chacune répartie en six séances, face à une procédure simulée. [1]

Ce que signifie le résultat à quatre mois

L’étude multicentrique a inclus 114 personnes de 50 ans ou plus, atteintes d’arthrose du genou et présentant une douleur importante à la marche. Elles ont été réparties entre une irradiation simulée, une dose totale de 0,3 gray et une dose totale de 3 grays. Le gray est l’unité qui exprime la dose de rayonnement absorbée. [1]

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À quatre mois, 70,3 % des patients du groupe à 3 grays étaient « répondeurs », contre 41,7 % avec l’irradiation simulée. Ce terme ne signifie pas « guéris ». Il correspond à un critère standardisé d’amélioration des symptômes, qui prend en compte la douleur, la fonction et l’évaluation globale du patient.

La comparaison montre un bénéfice sur ce critère pour le protocole à 3 grays. En revanche, le groupe recevant 0,3 gray ne se distinguait pas de façon statistiquement significative du groupe simulé. Diminuer la dose n’a donc pas apporté, dans cet essai, le même niveau de preuve.

Un avantage qui ne reste pas démontré à douze mois

La proportion plus élevée de répondeurs sous 3 grays persistait à huit mois. À douze mois, la différence n’était plus statistiquement significative. Cela ne signifie pas que chaque participant avait perdu tout soulagement, mais que l’étude ne montrait plus clairement un avantage entre les groupes à cette échéance.

Les variations moyennes des autres scores cliniques, des marqueurs inflammatoires et des paramètres d’IRM ne différaient pas non plus significativement entre les groupes. Ce résultat ne démontre donc ni reconstruction du cartilage ni modification durable de l’arthrose.

Personne tenant son genou avec une main, suggérant une douleur ou un examen d'une boule, tel qu'un kyste poplité.
Essai coréen : 114 participants, protocole à 3 Gy en six séances. À quatre mois, 70,3 % de répondeurs contre 41,7 % sous irradiation simulée. Avantage encore observé à huit mois, différence non significative à douze mois.
« Répondeur » désigne une amélioration selon les critères de l’essai, pas une guérison ni une réduction de douleur de 70,3 %. L’étude ne démontre pas une réparation du cartilage. Source de l’infographie.

Pourquoi les résultats ne sont-ils pas tous concordants ?

Un essai néerlandais plus ancien, publié en ligne en 2018, avait comparé la radiothérapie à une procédure simulée chez 55 patients. À trois mois, il n’avait pas trouvé de bénéfice substantiel sur les symptômes ou les signes inflammatoires. Le protocole était différent, avec une dose totale de 6 grays. [2]

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Ces écarts comptent. Ils montrent qu’on ne peut pas parler de « la radiothérapie » comme d’un traitement uniforme, efficace quelles que soient la dose, les personnes traitées et la durée observée. Le nouvel essai apporte un signal, pas une réponse valable pour toutes les situations.

Et l’étude qui évoque moins de prothèses ?

Un autre travail, présenté au congrès de l’American Society for Radiation Oncology (ASTRO) en septembre 2026, a suivi 292 participants d’un essai russe. Il porte sur un protocole différent : 4,5 grays en dix séances, chez une population plus jeune, d’âge médian 38 ans. [3]

Les résultats à long terme et l’analyse du sous-groupe présentant une arthrose de grade 2 sont exploratoires. Les participants savaient s’ils recevaient les rayons et le groupe témoin n’avait pas de traitement simulé. Surtout, la différence de recours à une prothèse n’était pas significative dans l’ensemble de la population. Ce travail ne prouve pas que les six séances de l’essai coréen évitent une opération.

Une dose faible peut-elle être considérée comme sans risque ?

Aucune toxicité liée au traitement n’a été rapportée dans le nouvel essai coréen. C’est un élément rassurant pour les personnes qui y ont participé, mais 114 patients ne suffisent pas à mesurer les événements très rares ou très tardifs. L’appréciation du risque doit notamment tenir compte de l’exposition aux rayonnements et du recul disponible.

On ne peut pas davantage affirmer que cette technique est globalement « plus sûre » que les médicaments, les infiltrations ou la chirurgie. Pour comparer leur sécurité, il faudrait des données portant précisément sur les mêmes patients, les mêmes bénéfices attendus et des durées suffisantes.

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Un homme installé sur un vélo d’appartement pendant qu’une professionnelle ajuste le réglage de la selle.
Adapter l’activité et la rééducation reste utile dans le parcours de soins ; cette scène n’atteste pas un effet de la radiothérapie.

Ce qui reste utile pour votre genou aujourd’hui

Avant d’envisager cette piste, le plus concret est de reprendre avec votre médecin le diagnostic, la gêne quotidienne et les traitements déjà réalisés. L’activité adaptée, la rééducation et la gestion du poids si nécessaire restent au cœur de la prise en charge. La chirurgie se discute lorsque les symptômes et le handicap persistent malgré les traitements médicaux. [4]

Illustration de l’article sur le mouvement et les genoux

Si une radiothérapie à faible dose vous est proposée, demandez à quel protocole elle correspond, quel bénéfice est espéré, pendant combien de temps et comment les risques seront évalués. Le résultat publié en octobre ouvre une piste intéressante ; il ne remplace pas cette discussion, et ne promet pas un genou débarrassé de l’arthrose.

Sources et références
  1. Kim BH et al. Single course low-dose radiation therapy in knee osteoarthritis (LoRD-KNeA): a randomized controlled trial. BMC Medicine. 2 octobre 2026. https://link.springer.com/article/10.1186/s12916-026-05287-9
  2. Mahler EAM et al. Effectiveness of low-dose radiation therapy on symptoms in patients with knee osteoarthritis: a randomised, double-blinded, sham-controlled trial. Annals of the Rheumatic Diseases. En ligne en 2018, numéro de janvier 2019. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30366945/
  3. American Society for Radiation Oncology. Low-dose radiation therapy may slow progression of knee osteoarthritis, long-term study indicates. Congrès ASTRO, communiqué du 27 septembre 2026. https://www.astro.org/news-and-publications/news-and-media-center/news-releases/2026/low-dose-radiation-therapy-may-slow-progression-of-knee-osteoarthritis%2C-long-term-study-indicates
  4. Assurance Maladie. Traitement de l’arthrose du genou. 22 janvier 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/arthrose-genou/traitement-medical-chirurgical

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