Le 2 octobre 2026, un adulte et un bébé de 10 mois ont été transportés en urgence relative à l’hôpital de Gonesse après avoir inhalé un insecticide Sniper dans un appartement de Garges-lès-Gonesse. La Gazette du Val-d’Oise, sur Actu.fr, rapporte que deux adultes et deux enfants se trouvaient dans le logement au moment de sa diffusion. [1]
Le réflexe de mettre un flacon en hauteur est utile, mais il ne répond pas à tous les risques. Un enfant peut être exposé à un produit sans l’avoir touché ni avalé, simplement en respirant l’air de la pièce où il a été utilisé. Dans le cas de Sniper, la première mesure de prévention est donc de ne pas s’en servir.
Respirer le produit est une exposition à part entière
Sniper 1000 EC DDVP contient du dichlorvos, une substance insecticide dont l’usage dans les biocides ménagers est interdit en France depuis 2013. Dans son alerte du 20 avril 2026, l’ARS Île-de-France rappelle que cette substance est toxique par inhalation, contact avec la peau ou ingestion. Ces trois voies sont différentes : il n’est pas nécessaire de boire le produit pour s’intoxiquer. [2]
Quand un insecticide est diffusé dans un logement, le risque ne concerne donc pas seulement la personne qui tient le flacon. Les autres occupants peuvent aussi respirer le produit. Le ranger après application empêche qu’un enfant s’en saisisse, mais ne supprime pas l’exposition qui vient d’avoir lieu.
Le dichlorvos peut provoquer des troubles respiratoires, oculaires et neurologiques, pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance. Il ne faut pas attendre de réunir plusieurs symptômes pour demander de l’aide après une exposition.

Un flacon hors de portée, ce n’est pas un produit sans danger
Pour les produits domestiques autorisés, les centres antipoison recommandent un stockage hors de la vue et de la portée des enfants, idéalement derrière une porte fermée à clé. Conservez l’emballage d’origine : transvaser un produit dans une bouteille alimentaire crée un risque de confusion et fait perdre les informations nécessaires à son identification. Un bouchon de sécurité complique l’ouverture, sans la rendre impossible pour un enfant. [3]
Ces précautions de rangement ne rendent pas Sniper utilisable. Selon le récit de La Gazette, le SDIS du Val-d’Oise a décrit à Garges une faible quantité de produit, fortement diluée. Un adulte et le nourrisson ont pourtant été pris en charge après inhalation. Ne cherchez pas une dilution « sûre » : la consigne sanitaire reste de ne pas utiliser cet insecticide interdit.
Le bilan publié par l’Anses en avril 2026 distingue lui aussi les accidents pendant l’utilisation au domicile et les ingestions par des enfants ayant accès au produit. Il porte sur les signalements aux centres antipoison de 2023 à 2025. Prévenir l’accès au flacon et éviter la diffusion d’un produit dangereux sont donc deux précautions complémentaires, pas deux façons de résoudre le même risque. [4]
Contre les nuisibles, ne pas remplacer un problème par une exposition
Si vous suspectez des punaises de lit, l’Anses recommande de privilégier d’abord la lutte physique, mécanique et thermique. Si l’infestation persiste, faites appel à un professionnel spécialisé possédant le certificat Certibiocide. Pour les achats de biocides, les circuits conventionnels permettent d’obtenir des conseils sur leur application et leur stockage. Un produit proposé sur un marché ou à la sauvette peut être interdit ou contenir une substance non annoncée. [4]
Pour votre logement, partez du nuisible identifié et des solutions adaptées. Si vous avez besoin d’un traitement, demandez conseil sur le produit et ses conditions d’emploi, sans recourir à Sniper.
Si le produit a déjà été utilisé, appeler sans attendre
Après une inhalation, quittez le lieu d’exposition sans vous réexposer. Si vous aidez quelqu’un, évitez vous-même de respirer le produit. Appelez le 15 en cas de détresse respiratoire, d’inconscience ou d’absence de respiration. Dans les autres situations, contactez rapidement un centre antipoison, même en l’absence de symptômes. Celui de Paris répond au 01 40 05 48 48, 24 heures sur 24. [5]
Décrivez le produit, le moment de l’exposition et l’état de la personne. Utilisez l’étiquette si elle est déjà accessible sans danger, mais ne retournez pas dans la pièce pour récupérer le flacon. En cas d’ingestion, ne faites pas vomir et ne donnez ni à boire ni à manger : le lait n’est pas un antidote.
À la maison, gardez les deux réflexes ensemble : sécuriser le rangement des produits autorisés et ne pas utiliser les produits interdits. Si Sniper a été diffusé, la priorité n’est plus de remettre le flacon dans un placard, mais de sortir de l’exposition et de prendre conseil immédiatement.
Sources et références
- La Gazette du Val-d’Oise / Actu.fr — Rédaction Pontoise. Un adulte et un enfant intoxiqués après l’utilisation d’un insecticide interdit à la vente en France. 3 octobre 2026.
https://actu.fr/ile-de-france/garges-les-gonesse_95268/un-adulte-et-un-enfant-intoxiques-apres-lutilisation-dun-insecticide-interdit-a-la-vente-en-france_64875342.html - ARS Île-de-France — Dangers sanitaires liés à l’utilisation de produits insecticides interdits. 20 avril 2026.
https://www.iledefrance.ars.sante.fr/dangers-sanitaires-lies-lutilisation-de-produits-insecticides-interdits - Association des centres antipoison et de toxicovigilance — Accidents domestiques.
https://centres-antipoison.net/accidents-domestiques - Anses — Vigil’Anses n° 28, avril 2026. Sniper 1000 EC DDVP : des intoxications toujours en hausse malgré les mises en garde, pages 6 à 9.
https://www.anses.fr/system/files/VigilAnsesN28FR.pdf - Association des centres antipoison et de toxicovigilance — Premiers secours.
https://centres-antipoison.net/premiers-secours





