Aller au contenu

Wegovy et Mounjaro : qui peut être remboursé et comment se poursuit le suivi ?

Depuis le 15 juin 2026, Wegovy et Mounjaro sont remboursés sous conditions dans le traitement de l’obésité chez l’adulte. Qui peut en bénéficier, quel médecin doit établir la première ordonnance et que se passe-t-il ensuite ? Le point sur les démarches et le suivi à prévoir, y compris si une interruption du traitement est envisagée.

Relu par Antoine BOUQUET
Stylo injecteur fermé, carnet ouvert et stéthoscope sur un bureau médical.

Une ordonnance de Wegovy ou de Mounjaro peut désormais ouvrir droit à un remboursement, mais cela ne se joue pas uniquement au comptoir de la pharmacie. Pour une personne qui envisage ce traitement, le premier rendez-vous sert aussi à comprendre où il prend place dans ses soins, qui peut le démarrer et avec quel accompagnement.

Depuis le 15 juin 2026, ces deux médicaments sont pris en charge sous conditions dans le traitement de l’obésité chez l’adulte. Le financement évolue, tandis que les consultations, le suivi nutritionnel et l’activité physique adaptée restent au cœur du parcours. [2]

Une prescription possible n’est pas toujours une prescription remboursée

Il faut d’abord distinguer deux questions : le médicament peut-il être prescrit dans votre situation, et l’Assurance maladie peut-elle le rembourser ? Le cadre de prescription est plus large que celui de la prise en charge. Avoir une ordonnance ne suffit donc pas à garantir le remboursement.

Dans le traitement de l’obésité, l’accès au remboursement concerne les adultes présentant l’une des situations suivantes :

  • un IMC initial d’au moins 40 kg/m² après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite, avec une perte de poids inférieure à 5 % au bout de six mois
  • un IMC initial d’au moins 35 kg/m² avec une comorbidité liée au poids figurant dans la liste prévue, et dans les mêmes conditions d’échec de la prise en charge nutritionnelle. [1]

L’IMC, ou indice de masse corporelle, rapporte le poids à la taille. Le terme « initial » renvoie ici à la situation au démarrage du traitement. Une comorbidité est une autre maladie associée, par exemple un diabète de type 2. Certaines complications sont assorties de critères précis : pour l’apnée du sommeil, la liste retient notamment un indice d’apnées-hypopnées d’au moins 15 par heure.

À lire aussi :  Crise cardiaque jeune : pourquoi l'âge ne vous protège plus

Ces critères expliquent pourquoi deux personnes ayant une obésité peuvent recevoir des réponses différentes concernant le remboursement. Ils servent à déterminer une éligibilité, tandis que le bilan médical tient aussi compte des autres maladies, des traitements déjà pris et des difficultés rencontrées au quotidien.

Le premier prescripteur doit aussi organiser la suite

Votre médecin traitant reste un interlocuteur pour faire le point sur les soins déjà suivis et préparer une orientation. Mais pour ouvrir droit au remboursement, la prescription initiale par un médecin habilité est nécessaire. Tous les médecins qui peuvent prescrire le médicament hors remboursement ne peuvent pas établir cette première prescription prise en charge.

Le dispositif prévoit notamment des professionnels de l’obésité exerçant dans un centre spécialisé, un CHU ou certaines structures de soins médicaux et de réadaptation. Il inclut aussi les coordinateurs des parcours renforcés « obésité complexe » et les spécialistes en endocrinologie-diabétologie-nutrition exerçant en lien avec un centre spécialisé de l’obésité.

Le prescripteur vérifie les conditions cliniques et remet un justificatif d’accompagnement à la prescription. Ce document confirme l’éligibilité au remboursement. Il faut le conserver et le présenter au pharmacien avec l’ordonnance à chaque dispensation, y compris lors des renouvellements. [3]

Une fois le traitement initié dans ce cadre, le médecin traitant peut assurer le suivi et les renouvellements. Le passage par un spécialiste au départ ne signifie donc pas que chaque ordonnance suivante doit venir du même centre. L’essentiel est de savoir qui coordonne les soins et à qui s’adresser si une difficulté apparaît.

Trois étapes du parcours remboursé : vérifier l’éligibilité, obtenir la prescription initiale et son justificatif, poursuivre le suivi et les renouvellements avec un médecin.
Pour les adultes éligibles, le traitement s’inscrit dans un parcours qui se poursuit après la première ordonnance. [3]

La prise en charge habituelle est de 65 % par l’Assurance maladie. Cela ne signifie pas que chaque patient doit nécessairement payer les 35 % restants : la complémentaire santé et les éventuelles exonérations doivent être vérifiées selon la situation. Avant de commencer, demander au pharmacien et à votre complémentaire ce qui sera effectivement couvert permet de clarifier le coût à prévoir. [2]

À lire aussi :  Condylome gorge symptôme : reconnaître les signes d'alerte

Si vous étiez déjà traité avant le 15 juin, le remboursement n’est pas automatique non plus. Il faut obtenir le justificatif auprès d’un médecin habilité et répondre aux critères cliniques au moment où le traitement a été commencé. Une baisse de l’IMC depuis cette date n’efface donc pas, à elle seule, la situation initiale à examiner. [3]

Le suivi porte sur votre santé, pas seulement sur la balance

Wegovy contient du sémaglutide et Mounjaro du tirzépatide. Ces traitements agissent notamment sur l’appétit et la sensation de satiété. Ils sont prescrits en complément d’une alimentation adaptée et d’une augmentation de l’activité physique, après une première prise en charge nutritionnelle. Le suivi aide à adapter cet accompagnement à votre quotidien.

Le suivi permet d’abord de vérifier comment vous le supportez. Les effets digestifs, comme les nausées, les vomissements ou les diarrhées, font partie des effets indésirables fréquents et peuvent entraîner une déshydratation. Une augmentation progressive des doses peut être décidée par le médecin pour en réduire le risque. Si un effet devient très gênant ou n’est pas mentionné dans la notice, il faut prévenir sans tarder le médecin et le pharmacien. [1]

Les consultations servent aussi à ajuster les objectifs : améliorer l’alimentation, trouver une activité compatible avec vos capacités, prendre en charge les complications et aborder les difficultés psychologiques lorsqu’elles existent. La Haute Autorité de santé recommande un projet de soins personnalisé, construit avec la personne et appuyé sur plusieurs professionnels selon ses besoins. Le suivi s’inscrit sur plusieurs années, et à vie dans les situations d’obésité complexe ou très complexe. Cela concerne le parcours de soins, pas nécessairement la durée d’un même médicament. [6]

À lire aussi :  Paralysie de Bell : comment gérer les séquelles faciales

Une interruption se prépare avec l’équipe soignante

Lorsque le poids diminue, on peut se demander si le traitement pourra bientôt être arrêté. Les études montrent pourquoi cette question mérite une discussion avant toute interruption : une reprise de poids après l’arrêt est possible.

Dans le suivi prolongé de l’essai STEP 1, les participants du groupe sémaglutide ont repris, en moyenne, environ les deux tiers du poids qu’ils avaient perdu un an après l’arrêt. L’accompagnement alimentaire et physique organisé dans l’essai avait lui aussi été interrompu. Ce résultat décrit donc cette situation, pas ce qui arrivera nécessairement à chaque personne dans un autre parcours. [4]

L’essai SURMOUNT-4 apporte un autre éclairage : après une première période sous tirzépatide, les participants passés au placebo ont repris du poids, alors que ceux qui poursuivaient le médicament en perdaient encore en moyenne. Dans cet essai, les conseils d’alimentation et d’activité physique ont été maintenus dans les deux groupes. La poursuite ou l’arrêt du médicament changeait donc les résultats même avec cet accompagnement. [5]

Ces observations invitent à préparer la suite avec le médecin, qu’il s’agisse de poursuivre, d’adapter ou d’interrompre le traitement. La décision dépend de ses bénéfices, de sa tolérance et de votre situation. Le remboursement facilite l’accès pour les personnes éligibles, mais le point à clarifier dès le départ reste très concret : qui vous suit, quand faire le prochain bilan et comment garder le lien si les besoins changent ?

Sources et références
  1. Assurance maladie — Traitement du surpoids et de l’obésité de l’adulte : médicaments et chirurgie (conditions de prise en charge en vigueur en 2026).
    https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/surpoids-obesite-adulte/traitement-medicamenteux-chirurgical
  2. Service Public — Deux médicaments contre l’obésité remboursés depuis le 15 juin (15 juin 2026).
    https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A18932
  3. Ministère chargé de la santé — Médicaments à base d’analogue du GLP-1 indiqués dans le contrôle du poids (foire aux questions).
    https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/obesite/article/medicaments-a-base-d-analogue-du-glp-1-indiques-dans-le-controle-du-poids
  4. Wilding et coll. — Diabetes, Obesity and Metabolism — Weight regain and cardiometabolic effects after withdrawal of semaglutide: The STEP 1 trial extension (2022).
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9542252
  5. Aronne et coll. — JAMA — Continued Treatment With Tirzepatide for Maintenance of Weight Reduction in Adults With Obesity: The SURMOUNT-4 Randomized Clinical Trial (2023).
    https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10714284
  6. Haute Autorité de santé — Guide du parcours de soins : surpoids et obésité de l’adulte (mise à jour novembre 2024).
    https://www.has-sante.fr/jcms/p_3408871/fr/guide-du-parcours-de-soins-surpoids-et-obesite-de-l-adulte

Dans la même rubrique