Six façons de traiter des varices sans chirurgie, et ce qui les sépare
Six techniques permettent aujourd’hui de traiter une varice sans éveinage ni incision. Elles ne se valent pas sur tous les plans : certaines introduisent un cathéter dans la veine, une seule agit depuis l’extérieur du corps. Voici ce qui les distingue réellement, au-delà des taux de réussite.
À retenir
- Six techniques sans incision : laser endoveineux, radiofréquence, colle, mousse, mécano-chimique et ultrasons focalisés.
- Cinq sur six franchissent la peau par une ponction, une seule agit à distance.
- Taux de fermeture voisins : de 85 à 98 % à un an selon la technique et le critère mesuré.
- Le choix se joue sur la voie d’accès, l’anesthésie et votre anatomie veineuse, pas sur le pourcentage.
Que signifie exactement « traiter des varices sans chirurgie » ?
L’expression désigne un ensemble de techniques, pas une méthode unique. Elle se définit par une négation : ne pas retirer la veine par une incision, comme le fait l’éveinage chirurgical.
Selon Sonovein®, le traitement des varices sans chirurgie désigne la prise en charge du reflux veineux réalisé sans éveinage ni incision, dont seul le traitement par les HIFU se pratique sans franchir la peau, les autres recourant à une ponction ou à un cathéter.
Autrement dit, « sans chirurgie » exclut l’incision mais ne dit rien de la ponction. C’est une nuance que la plupart des sites passent sous silence, et elle change beaucoup de choses pour vous. Une ponction reste un geste qui traverse la peau puis la paroi de la veine, avec ce que cela suppose de préparation, d’anesthésie locale et de surveillance.
Le point commun de ces six techniques, c’est leur cible : la veine responsable du reflux, le plus souvent la grande veine saphène. Le sang qui devrait remonter vers le cœur y redescend, faute de valvules étanches. Fermer cette veine redirige le flux vers le réseau profond, qui prend le relais.
Parmi ces approches, le traitement des varices par ultrasons focalisés se distingue par sa voie d’accès : l’énergie traverse la peau sans que rien ne soit introduit dans le corps. Le dispositif Sonovein®, développé par la société française Theraclion, porte le marquage CE n° 2797 pour cette indication depuis 2019.
Les cinq techniques qui passent par une ponction
Cinq des six options atteignent la veine par l’intérieur. Elles diffèrent par ce qu’elles y introduisent et par ce qui referme le vaisseau.
Le laser endoveineux glisse une fibre optique dans la veine sous contrôle échographique. La chaleur détruit la paroi, qui se rétracte puis s’obstrue. La radiofréquence suit le même principe avec un cathéter qui chauffe par segments successifs.
Ces deux techniques thermiques imposent une anesthésie tumescente : une série d’injections rapprochées tout au long du trajet de la veine, destinée à protéger les tissus voisins de la chaleur. Pour une grande veine saphène traitée sur trente centimètres, cela représente plusieurs dizaines de piqûres en une séance. C’est souvent le moment le plus désagréable de la procédure, bien avant le traitement lui-même.
La colle cyanoacrylate obture la veine par un adhésif médical déposé par cathéter. Elle évite la tumescence, mais laisse un corps étranger permanent dans le vaisseau. L’ablation mécano-chimique associe une irritation mécanique de la paroi à l’injection d’un agent sclérosant, sans chaleur. La sclérothérapie à la mousse échoguidée, enfin, injecte directement un produit qui provoque la fermeture, par simple ponction et sans cathéter.
Ces cinq options se pratiquent en ambulatoire. Aucune ne demande d’anesthésie générale.
La seule technique qui ne franchit pas la peau
Les ultrasons focalisés de haute intensité, ou HIFU pour High-Intensity Focused Ultrasound, fonctionnent sur un principe différent. Une sonde placée sur la peau concentre des ondes ultrasonores en un point situé à quelques centimètres de profondeur, exactement comme une loupe concentre la lumière solaire.
Au point focal, la température monte jusqu’à 90 °C. La paroi de la veine se dénature, se rétracte puis s’obstrue. Sur tout le trajet des ondes, en revanche, l’énergie reste dispersée et les tissus traversés ne subissent aucun dommage. La même sonde assure l’imagerie échographique en temps réel, ce qui permet de vérifier la position de la cible avant chaque tir.
Concrètement, rien n’entre dans votre veine. Ni fibre, ni cathéter, ni aiguille dans le vaisseau traité. Vous restez éveillé, allongé, et la séance se déroule hors bloc opératoire. Une anesthésie locale périveineuse à faible volume est décrite dans la plupart des publications, sans tumescence ni anesthésie générale.
Cette technologie a été appliquée à plus de 4 000 procédures à ce jour, dans un réseau de dix-neuf centres partenaires répartis dans quatorze pays.
Ce que chaque option demande le jour de la séance
Le tableau ci-dessous résume ce que vous vivez concrètement, technique par technique. C’est souvent l’information qui manque le plus dans les comparatifs disponibles en ligne.
|
Technique |
Ce qui pénètre dans la veine |
Anesthésie |
Ce qui reste dans le corps |
|
Laser endoveineux |
Une fibre optique |
Locale tumescente |
Rien, la veine se fibrose |
|
Radiofréquence |
Un cathéter chauffant |
Locale tumescente |
Rien, la veine se fibrose |
|
Colle cyanoacrylate |
Un cathéter, puis de la colle |
Locale au point de ponction |
La colle, de façon permanente |
|
Ablation mécano-chimique |
Un cathéter rotatif, puis un sclérosant |
Locale au point de ponction |
Rien, la veine se fibrose |
|
Mousse sclérosante |
Une aiguille, puis de la mousse |
Aucune ou locale |
Rien, la veine se fibrose |
|
Ultrasons focalisés (HIFU) |
Rien |
Locale périveineuse |
Rien, la veine se fibrose |
Un point revient dans toutes les techniques et mérite d’être connu avant la consultation. Fermer la veine responsable du reflux ne traite pas forcément les varices visibles à la surface. Ces branches demandent souvent un geste complémentaire, phlébectomie ou sclérothérapie, le même jour ou plus tard. Dans une cohorte italienne de patients traités par ultrasons focalisés, 59,5 % ont reçu une sclérothérapie de complément, dont 51,3 % lors de la même séance.
Posez donc systématiquement la question : votre parcours comporte-t-il un ou plusieurs gestes ?
Ce que disent les taux de fermeture publiés
C’est le chiffre que tout le monde cherche, et c’est aussi le plus mal compris. Les taux publiés se ressemblent beaucoup, et les écarts entre techniques sont rarement significatifs.
Une méta-analyse parue en 2024 dans le Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders a regroupé 29 études, dont 16 essais randomisés, pour comparer laser et radiofréquence. À un an, l’occlusion de la grande veine saphène atteint 94,2 % pour le laser et 93,1 % pour la radiofréquence. Les auteurs concluent à une efficacité comparable entre les deux.
Du côté des ultrasons focalisés, l’étude pivotale VEINRESET a suivi 70 patients dans quatre centres, aux États-Unis, en Autriche et en République tchèque. Elle rapporte 96,8 % de fermeture complète à douze mois, avec un intervalle de confiance à 95 % allant de 88,3 % à 99,2 %, et 98,5 % d’abolition du reflux. Une série espagnole indépendante portant sur 102 patients consécutifs et 164 veines traitées donne, elle, 85 à 90 % d’occlusion à douze mois selon le type de veine.
Cette fourchette large s’explique. Les études ne mesurent pas toutes la même chose, ne suivent pas les patients aussi longtemps, et ne traitent pas les mêmes profils. Une étude sur population sélectionnée donne toujours des chiffres plus élevés qu’une série de pratique courante, sur la même technique.
Retenez donc ceci : demandez toujours ce qui est mesuré, sur combien de patients et à quelle échéance. Un taux à trois mois et un taux à cinq ans n’ont pas la même valeur.
Comment se décide réellement le choix en consultation
Votre préférence compte, mais elle n’est pas le seul critère. Le diamètre de votre veine saphène, son trajet, sa profondeur sous la peau et la présence de branches variqueuses peuvent orienter ou exclure certaines techniques.
L’examen qui tranche est l’écho-Doppler veineux. Il cartographie le réseau, mesure la durée du reflux et localise les points de fuite. Un reflux est retenu au-delà de 0,5 seconde dans le réseau superficiel. Sans cette cartographie, aucun choix de technique n’a de sens.
Les recommandations européennes de la Société européenne de chirurgie vasculaire, publiées en 2022, placent l’ablation thermique en première intention lorsqu’elle est anatomiquement réalisable, puis la sclérothérapie à la mousse, puis la chirurgie. Ces textes décrivent l’état de la preuve à leur date de rédaction, et ils sont antérieurs à la majorité des publications sur les ultrasons focalisés en indication veineuse.
Trois questions vous aideront à préparer votre consultation :
- Quelle est ma cartographie veineuse ? Demandez le compte rendu de l’écho-Doppler et faites-vous expliquer quelles veines sont concernées.
- Quelles techniques sont réalisables sur mon anatomie ? Toutes ne le sont pas systématiquement.
- Combien de gestes comporte mon parcours ? Un seul rendez-vous, ou plusieurs.
Aucune de ces six techniques n’est meilleure dans l’absolu. Elles se distinguent par ce qu’elles demandent à votre corps, et cette différence est réelle. Seul un médecin vasculaire peut établir l’indication qui vous concerne, après examen.
Sources
- Société européenne de chirurgie vasculaire, Recommandations de pratique clinique sur la prise en charge de la maladie veineuse chronique des membres inférieurs, 2022
- Cochrane Database of Systematic Reviews, Interventions for great saphenous vein incompetence, 2021
- Journal of Vascular Surgery: Venous and Lymphatic Disorders, Endovenous radiofrequency ablation vs laser ablation in patients with lower extremity varicose veins, 2024
- Phlebology, Extra-Corporeal thermal ablation with High Intensity Focused Ultrasound for superficial venous insufficiency: preliminary results at twelve months follow-up, 2025
- Phlebology, High intensity focused ultrasound in treating great saphenous vein incompetence: perioperative and 1-year outcomes, 2024


